À moins d'un mois du scrutin, la droite républicaine aborde les élections sénatoriales du 27 septembre 2026 dans les Alpes-Maritimes en ordre dispersé. Les Républicains (LR) présentent deux listes concurrentes, tandis que le Rassemblement national (RN) et l'Union des droites pour la République (UDR) ont scellé une alliance inédite, menée par le député Bryan Masson.
Une droite divisée face à une union des droites souverainistes
La division de LR constitue le principal enseignement de cette campagne. D'un côté, la liste conduite par la sénatrice sortante Alexandra Borchio Fontimp, investie par le parti. De l'autre, celle du maire de Nice, Christian Estrosi, qui a claqué la porte du parti en janvier 2025 et brigue un retour au Palais du Luxembourg sous l'étiquette "Horizons". Les deux listes se disputent le même électorat de droite modérée, affaiblissant mécaniquement leurs chances respectives.
En face, l'alliance RN-UDR fait figure de favorite. Bryan Masson, député de la 6e circonscription des Alpes-Maritimes, conduit une liste commune qui bénéficie du soutien explicite de Marine Le Pen et d'Éric Ciotti. Ce dernier, ancien patron de LR rallié au RN, a joué un rôle clé dans la conclusion de cet accord, dont l'objectif est de conquérir l'un des trois sièges de sénateur du département.
Un scrutin sous haute tension dans un département stratégique
Les Alpes-Maritimes comptent trois sièges de sénateur, renouvelés par un collège électoral composé de 1 874 grands électeurs, principalement des délégués des conseils municipaux. La majorité absolue est fixée à 938 voix. Le scrutin se déroule au scrutin proportionnel à un tour, avec une prime de 50 % des sièges pour la liste arrivée en tête.
La droite part favorite pour conserver ses deux sièges, mais la multiplication des listes pourrait lui être fatale. En 2020, la liste LR avait recueilli 43,5 % des suffrages, permettant l'élection de deux sénateurs. Cette fois, la présence de deux listes concurrentes pourrait faire chuter ce score, au bénéfice de la liste RN-UDR, qui espère créer la surprise.
Des enjeux nationaux et locaux dans un contexte politique tendu
Au-delà des équilibres locaux, ce scrutin revêt une portée nationale. Il intervient dans un climat politique marqué par la dissolution de l'Assemblée nationale et la recomposition des droites. L'alliance RN-UDR, si elle se concrétise par une victoire, renforcerait la dynamique du bloc souverainiste à un an de l'élection présidentielle de 2027.
Pour LR, l'enjeu est de limiter les dégâts et de préserver sa position de première force de la droite républicaine au Sénat. Le parti mise sur la notoriété de ses candidats et sur son ancrage local pour contrer la percée du RN. Mais la division de ses rangs complique la tâche, et certains élus locaux expriment leur inquiétude face à une possible perte de sièges.
Le dépôt des candidatures est fixé au 4 septembre 2026, et la campagne officielle débutera le lendemain. Les grands électeurs devront trancher entre les différentes offres politiques, dans un département où la droite a toujours dominé, mais où l'extrême droite progresse régulièrement depuis plusieurs années.



