Sabry Hani a officiellement pris ses fonctions de sous-préfet de Grasse lors d'une cérémonie organisée devant le Monument aux Morts, le 24 août 2026. Face aux élus et aux corps constitués du territoire, il a mis l'accent sur la sécurité et la lutte contre le séparatisme, tout en affichant une volonté de proximité avec le terrain.
Un sous-préfet de terrain, pas de bureau
Dès son intronisation, Sabry Hani a donné le ton en refusant de poser devant la sous-préfecture de Grasse : « parce que ma formation, c'est bosseur, et je vais passer très peu de temps dans cette résidence. » Il se présente comme un haut fonctionnaire de terrain, souhaitant s'ancrer dans ce territoire des Alpes-Maritimes « que je ne connais pas, mais que je chéris déjà, et dont je sais que je vais tomber amoureux. »
La cérémonie s'est déroulée en présence du maire de Grasse, Jérôme Viaud, ainsi que de nombreux élus du bassin grasso-cannois, accompagnés des autorités judiciaires et des forces de l'ordre.
Un parcours marqué par l'attentat de Nice
Sabry Hani a exprimé son émotion concernant l'attentat de la Promenade des Anglais en 2016, alors qu'il était sous-préfet du Var. « Cet événement a profondément marqué mon parcours professionnel, notamment en matière de sécurité et lutte contre le séparatisme », a-t-il déclaré. Il a salué la résilience du département : « Ce département fait preuve d'une résilience hors du commun, et nous continuerons de porter nos valeurs face aux discours de haine ! »
Ancien secrétaire général du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, Sabry Hani a également évoqué son parcours, marqué par ses origines modestes. Fils d'ouvrier et de femme de ménage, il a été boursier de la République, ce qui l'a guidé vers les ministères de la Jeunesse et Sports, des Affaires sociales et de l'Intérieur. Il incarne selon lui un idéal républicain fondé sur la méritocratie : « Mon père était ouvrier et ma mère femme de ménage. Ce n'est pas une revendication, mais ils m'ont insufflé la culture du travail, de l'engagement et de l'attention portée aux autres. »
Logement et sécurité : les défis du territoire
Interrogé sur les contraintes des Alpes-Maritimes, notamment les risques d'inondations et d'incendies, ainsi que la pression de la loi SRU sur les logements sociaux, Sabry Hani a rappelé son expérience de directeur de cabinet au ministère du Logement. Il a souligné que le logement est un enjeu majeur, car 70 % de la population des Alpes-Maritimes est éligible à un logement social. Il a plaidé pour une approche pragmatique : « nous sommes tous convaincus qu'il faut arriver à faire dans la dentelle et le pragmatisme, au-delà des contraintes et des postures. »
Sur la sécurité, il a affirmé que la lutte contre le narcotrafic et les incivilités du quotidien est une priorité, tant en zone rurale qu'urbaine : « Ruralité comme urbanité, c'est même combat contre le narcotrafic et les incivilités du quotidien qui portent atteinte au vivre ensemble. »
Une vigilance particulière contre le séparatisme
Sabry Hani a également insisté sur son engagement contre la radicalité, en tant que haut fonctionnaire : « je serai particulièrement vigilant pour lutter contre toute forme de séparatisme, pas seulement le radicalisme islamiste. » Il a évoqué les victimes de l'attentat du 14 juillet 2016, dont il se sent proche « comme un enfant de la République. »
Pour ses premières décisions, le nouveau sous-préfet prévoit de parcourir le territoire, de rencontrer les élus et de s'imprégner des projets structurants. « J'ai besoin de comprendre, de voir par moi-même et d'échanger avec les élus concernés pour trouver les meilleures solutions ensemble », a-t-il conclu, confirmant son intention d'être un préfet de terrain.



