Retailleau : détermination malgré une campagne qui peine à décoller
Retailleau : détermination malgré une campagne difficile

Bruno Retailleau a réaffirmé sa détermination à être candidat à l'élection présidentielle de 2027, malgré une campagne qui peine à décoller après un été discret. Le sénateur de Vendée, qui mise sur sa base militante et un projet libéral-conservateur, assure que « rien n'est joué » et que sa stratégie de proximité finira par payer.

Un été discret mais une détermination intacte

Après un été marqué par une faible visibilité médiatique, Bruno Retailleau a tenu à rassurer ses soutiens lors d'un déplacement dans l'ouest de la France. Selon ses proches, il a passé les mois de juillet et août à consulter les élus locaux et à affiner son projet, loin des caméras. « Il a travaillé en profondeur, sans chercher le buzz », confie un membre de son équipe de campagne.

Dans un entretien accordé à Ouest-France, il a déclaré : « Je suis plus déterminé que jamais. Les sondages ne font pas l'élection, c'est le terrain qui compte. » Il a également critiqué ses concurrents, accusés de « faire du spectacle » au lieu de « proposer des solutions concrètes ».

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Une stratégie de proximité pour contrer les ténors

Face à des personnalités comme Édouard Philippe ou Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau assume un positionnement différent. Il veut incarner une droite « sans complexe », axée sur la sécurité, l'immigration et la réduction de la dépense publique. Son équipe met en avant son « meeting de rentrée » prévu à Vendée, où il espère rassembler plusieurs milliers de militants.

Selon un sondage Ifop publié fin août, il stagne autour de 8 % des intentions de vote, loin derrière les 25 % d'Édouard Philippe. Mais ses partisans soulignent que « les marges de progression sont réelles » et que « la dynamique médiatique ne reflète pas le travail de terrain ».

Un projet libéral-conservateur qui cherche à séduire

Le sénateur mise sur un programme articulé autour de trois piliers : rétablissement de l'ordre, contrôle de l'immigration et allègement fiscal. Il a récemment détaillé ses propositions dans un livre-programme, qui a été « bien accueilli par les militants », selon son entourage. Il prévoit notamment de supprimer des dizaines de taxes et de renforcer les peines pour les délinquants récidivistes.

« Je veux rendre la parole au peuple et à la nation », a-t-il martelé lors d'un discours à La Roche-sur-Yon. Cette rhétorique souverainiste vise à capter un électorat séduit par le Rassemblement national, tout en se démarquant de la macronie.

Des obstacles à surmonter

Malgré cette détermination, plusieurs obstacles demeurent. La concurrence interne à droite est féroce, et certains cadres des Républicains appellent à une primaire pour trancher. Bruno Retailleau s'y oppose, estimant que « la primaire est un piège qui affaiblit le vainqueur ». Il préfère une désignation par les adhérents, comme en 2021.

Son faible financement de campagne est un autre défi. Selon la Commission des comptes de campagne, il n'a réuni que 1,2 million d'euros, contre 4 millions pour Édouard Philippe. Pour y remédier, il a lancé une collecte de dons en ligne, qui a déjà rapporté 200 000 euros en trois semaines.

Enfin, sa position sur l'immigration, jugée trop dure par certains centristes, pourrait limiter son attractivité au second tour. Mais il assume : « Je préfère perdre en restant fidèle à mes convictions que gagner en les trahissant. »

À moins d'un an du premier tour, Bruno Retailleau mise sur un « automne décisif » avec une série de déplacements dans les régions clés. Son objectif : franchir la barre des 15 % d'intentions de vote d'ici décembre. Selon son entourage, il prépare également un grand rassemblement à Paris pour le premier trimestre 2027. « Nous allons créer la surprise », promet-il.

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