Présidentielle : les candidats pro-russes sous surveillance
Présidentielle : les candidats pro-russes sous surveillance

À quelques mois de l'élection présidentielle française, les services de renseignement intensifient leur surveillance des personnalités politiques soupçonnées d'entretenir des liens avec la Russie. Selon une enquête du Point, plusieurs candidats déclarés ou potentiels figurent sur une liste établie par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en raison de leurs affinités avec le Kremlin.

Une liste noire de candidats pro-russes

Cette liste, que Le Point a pu consulter, comprend des noms bien connus de la scène politique française, allant de l'extrême droite à la droite souverainiste, en passant par des figures de la gauche radicale. Ces personnalités sont suivies pour leurs prises de position favorables à la Russie, notamment sur le conflit en Ukraine, et pour leurs contacts avec des responsables russes.

Parmi les noms cités, on retrouve des figures comme Éric Zemmour, candidat déclaré, et Marine Le Pen, qui a déjà été épinglée pour son financement par une banque russe. D'autres personnalités, moins connues du grand public, sont également surveillées, comme François Asselineau, leader de l'UPR, ou encore Jean-Luc Mélenchon pour ses positions sur l'OTAN.

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Des ingérences russes redoutées

Les services de renseignement redoutent une ingérence russe dans le processus électoral français, similaire à celle observée aux États-Unis en 2016. Selon une source proche du dossier, « la Russie cherche à affaiblir l'Union européenne et à promouvoir des candidats qui pourraient remettre en cause la politique de sanctions contre Moscou ».

Cette surveillance s'inscrit dans un contexte de tensions accrues entre la France et la Russie, notamment après l'expulsion de diplomates russes en avril 2021 et les accusations d'espionnage. Les services français ont également mis en garde contre des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux, visant à influencer l'opinion publique.

Des candidats qui assument leurs positions

De leur côté, les personnalités concernées rejettent ces accusations et affirment défendre une ligne politique indépendante. Éric Zemmour, par exemple, a déclaré : « Je ne suis pas pro-russe, je suis pro-français. Je défends les intérêts de la France, et cela peut parfois passer par un dialogue avec la Russie ».

Marine Le Pen, qui a bénéficié d'un prêt d'un million d'euros d'une banque tchéco-russe, a également réagi : « Ces attaques sont une tentative de diabolisation. Je suis la seule candidate à pouvoir parler à la Russie, et c'est une force pour la France ».

Les services de renseignement, eux, restent vigilants. Selon une note interne, ils surveillent également les financements de campagne, les voyages à l'étranger et les rencontres avec des responsables russes. L'objectif est de prévenir toute tentative de déstabilisation, alors que la France s'apprête à vivre une élection cruciale.

Un enjeu de souveraineté

Pour les experts, cette affaire soulève la question de la souveraineté nationale et de la transparence des candidats. « Les Français ont le droit de savoir qui sont les candidats et quelles sont leurs affinités, surtout quand il s'agit d'une puissance étrangère comme la Russie », estime un politologue. Les révélations du Point pourraient ainsi peser dans la campagne, alors que les sondages donnent un second tour serré entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

En tout cas, la surveillance des candidats pro-russes est devenue un enjeu majeur de cette présidentielle, et les services de renseignement sont déterminés à jouer leur rôle de garde-fous.

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