Présidentielle 2027 : pourquoi autant de candidats déclarés ?
Présidentielle 2027 : l'explosion des candidatures

Plus de trente personnalités ont officiellement déclaré leur candidature à l'élection présidentielle de 2027, un chiffre record à sept mois du scrutin. Cette semaine, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a rejoint la cohorte en se présentant comme un « candidat indépendant » dans un entretien au Figaro. Mais pourquoi une telle profusion ?

Des partis affaiblis, des ambitions démultipliées

« Il y a un contexte global d'affaiblissement généralisé des partis politiques. L'époque où une organisation politique avait un leader, qui se portait candidat et point final, est désormais finie », explique Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof. La droite illustre ce phénomène : Bruno Retailleau a été investi par les militants avec 73,8 % des voix, mais cela n'a pas empêché Xavier Bertrand, David Lisnard, Michel Barnier ou Dominique de Villepin de maintenir leurs ambitions.

« Comme il n'y a pas de primaire à droite et au centre, les mecs tournent dans les médias avec un carton autour du cou disant : ''coucou j'existe, je suis achetable, je pèse 0.5 % ou 3 %, rien ne peut se faire sans moi''. Mais à la fin, ils finiront par dealer », ironise un cadre des Républicains.

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La primaire socialiste n'endigue pas les candidatures

Même l'organisation d'une primaire ne limite pas les ardeurs. Au PS, Bernard Cazeneuve, Karim Bouamrane ou François Hollande envisagent de se lancer, tandis que des députés comme Jérôme Guedj et Philippe Brun ont officialisé leur candidature. Ségolène Royal, de retour, alimente le syndrome du « pourquoi pas moi ? ».

« C'est la folie de l'époque, chacun pense qu'il existe par lui-même grâce aux réseaux sociaux. Le précédent Macron a donné l'impression que n'importe qui pouvait devenir président dans un parti faible », tacle un député socialiste.

La fin du cycle macroniste crée un vide

Cette éclosion arrive en fin de cycle, après dix ans de macronisme. « Emmanuel Macron quitte la scène sans avoir réussi à installer un mouvement centriste stable. Il y a une compétition électorale et idéologique du centre droit au centre gauche, avec des électeurs hésitants, ce qui encourage les candidatures », analyse Bruno Cautrès.

Deux formations échappent à cette concurrence : le Rassemblement national et La France insoumise, qui ont un leadership affirmé. Pour les autres, la volatilité des électeurs nourrit les espoirs.

Le poker des sondages et de l'argent

« C'est un peu comme au poker, aujourd'hui il y a beaucoup de joueurs, avec des cartes plus ou moins bonnes, et petit à petit, il y aura un tri », explique un cadre Les Républicains. « Il vaut mieux un jeu moyen et un million, qu'une paire d'as et 10 euros en poche », ajoute-t-il.

L'enjeu financier et la nécessité de recueillir 500 parrainages réduiront progressivement le nombre de candidats. Le record officiel date de 2002 avec 16 candidats au premier tour ; 2027 pourrait le battre.

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