Hélicoptères sur la Côte d'Azur : plongée dans les coulisses du luxe
Hélicos Côte d'Azur : coulisses du luxe

Depuis 2021, Carlos coordonne au sol les rotations d'hélicoptères sur la Côte d'Azur. En cinq ans, il a croisé Bill Gates, Johnny Depp, Erling Haaland ou encore Emma Watson. Son métier ? Assurer que tout se passe bien, des arrivées aux départs, pour une clientèle souvent très fortunée. Il raconte des anecdotes surprenantes, des prix qui donnent le vertige et une réalité marquée par les inégalités.

Des célébrités et des clients pas comme les autres

« Il n'y a pas vraiment de règles, indique-t-il. On peut leur parler. Moi, je fais au feeling. Si je sens que la personne est avenante et semble ouverte, j'y vais. Sinon, je m'en tiens aux échanges professionnels et c'est très bien aussi. » Ainsi, il peut assurer que l'actrice Emma Watson est « très sympathique » et le DJ Bob Sinclar, « cool ».

« Bizarrement, il n'y a pas de client ''type'', ajoute-t-il. Évidemment, ça reste des personnes qui ont les moyens, mais ça va des personnes qui veulent se faire un kif à celles qui l'utilisent pour le travail. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des tarifs qui s'envolent selon la saison

Pour un Nice-Monaco, soit quinze minutes de vol, il faut compter 195 euros la place dans l'hélicoptère. « C'est 800 euros pour le privatiser, d'un à six passagers, précise l'assistant des opérations au sol. Pour aller jusqu'à Saint-Tropez ou Grimaud, en charter [privé], c'est 2.300 euros. »

Des prix qui peuvent littéralement s'envoler lors de la haute saison, entre mi-mai et mi-septembre, notamment pour des événements comme le Grand Prix de Monaco. « Et pour le Festival de Cannes, on ouvre une ligne, seulement pour la durée de l'événement, où les charters sont à environ 1.000 euros. »

L'exigence numéro un : l'horaire

L'exigence la plus récurrente dans son métier reste « l'horaire ». « Pour beaucoup, ils partent du principe qu'ils paient pour éviter d'attendre mais malheureusement, on coordonne des hélicoptères », dans un trafic aérien avec des facteurs qui ne dépendent donc pas de l'entreprise.

Carlos a constaté que les plus discrets restaient les « plus fortunés », contrairement à certains « nouveaux riches » qui ont tendance à vouloir ressentir « l'expérience premium ». Ce sont d'ailleurs les plus friands du « classique photoshoot de la marche vers l'hélicoptère ».

Des missions sensibles et des mystères

Carlos n'a pas eu que des célébrités à accompagner en cinq ans. « Il arrive qu'on doive débarquer les vols, non pas pour quelqu'un à l'intérieur, mais pour son contenu, comme des bijoux de grandes valeurs, raconte-t-il. Dans ces cas-là, un fourgon blindé et deux voitures de police attendent à l'arrivée de l'hélicoptère avec nous. On est contrôlé, nos vans aussi et on n'a pas le droit de débarquer nous-mêmes le contenu. Ensuite, ça part en fourgon blindé avec des escortes dans des jets. »

Certains aspects de son quotidien restent donc plus mystérieux que d'autres. « Lors d'une saison, on avait un client qui faisait énormément de vols avec nous, quatre à cinq fois par semaine, se souvient-il. Il m'avait dit qu'il était une pointure dans la cybersécurité aux États-Unis, ce qui était vrai, j'avais vérifié. Un jour, il m'a confié qu'il était recherché dans son pays. Je n'y ai pas vraiment fait plus attention que ça. Et du jour au lendemain, plus de nouvelles. Ça reste un mystère encore aujourd'hui… »

Un métier qui confronte aux inégalités

Après cinq ans à être au plus près des plus riches, il estime que ce métier n'a fait que « confirmer [sa] perception sur les inégalités de richesses existantes. »

« Quand tu vois que certaines personnes peuvent se permettre de faire un sans contact de 12.000 euros pour aller à Aix-en-Provence, tu te rends vite compte qu'on n'est pas dans la même réalité, on ne perçoit pas les choses de la même façon. Certains le méritent peut-être, d'autres beaucoup moins. »

Malgré tout, un métier passion

Malgré ces inégalités qu'il côtoie au quotidien, Carlos ne changerait de métier pour rien au monde. « C'est un service premium, mais contrairement à la restauration ou l'hôtellerie, tout le monde doit se plier aux règles de l'aéroport, même les clients les plus exigeants. Et le salaire, avec les pourboires, reste non négligeable. On ne va pas se mentir... »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale