Présidentielle 2027 : le JT, passage obligé des candidats ?
Présidentielle 2027 : le JT, passage obligé ?

Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature à la présidentielle 2027 lors du journal télévisé de 20 heures de TF1, ce dimanche soir. Ce choix de communication du chef de file de Place Publique s'inscrit dans une série d'annonces similaires sur les plateaux des grands JT, confirmant le rôle central de ce format dans la vie politique française.

Une tradition qui se perpétue sur les JT

Le 3 mai, Jean-Luc Mélenchon avait également choisi ce même plateau pour officialiser sa quatrième candidature à l'Élysée, comme en 2022. Marine Tondelier et François Ruffin ont aussi opté pour le journal télévisé de la première chaîne pour se lancer, bien que la secrétaire nationale des Écologistes ait annoncé la nouvelle quelques heures plus tôt au Nouvel Obs. Bruno Retailleau a d'abord diffusé une vidéo sur ses réseaux sociaux avant de confirmer sa candidature sur TF1. David Lisnard, lui, a utilisé le JT de France 2 pour annoncer son départ des Républicains le 1er avril et sa candidature.

Cette tendance soulève une question : le JT est-il un passage obligé pour les prétendants à la présidentielle ? Selon Alexandre Eyries, enseignant-chercheur en Sciences de l'information et de la communication à l'Université catholique de l'Ouest, « l'annonce de candidature est un moment important pour les candidats. Il faut trouver le bon timing, ni trop tôt, ni trop tard, et le bon canal de communication ». Il ajoute : « Le JT est de ce point de vue une bonne option, car il reste pour beaucoup de Français le principal moyen de s'informer. Même si c'est un choix très old school, c'est un événement encore très suivi ».

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Des audiences qui justifient le choix

Les chiffres d'audience plaident en faveur de ce format. Pour la saison 2024-2025, les journaux télévisés ont réuni en moyenne 5,2 millions de personnes sur TF1 contre 3,8 millions sur France 2. L'interview de Jean-Luc Mélenchon aurait ainsi attiré 5,36 millions de téléspectateurs, soit 26,9 % de part de marché, selon Puremédias. Une puissance de frappe que peu d'autres canaux peuvent égaler.

L'exercice du JT est également perçu comme peu risqué pour les personnalités politiques. « C'est un exercice cadré, plutôt pacifié, grand public. Il n'y a pas vraiment de prise de risque, comme peut l'être une interview de matinale par exemple face à un journaliste politique spécialisé », explique Alexandre Eyries. Jean-Luc Mélenchon l'a d'ailleurs reconnu dans une note de blog publiée après son passage : « Nous avons choisi d'accepter deux invitations, celle de TF1 et celle de Brut média numérique, car notre intention est de continuer à jouer la présence dans les deux univers médiatiques. Dans les deux cas, le critère du choix a été la capacité de respect de nos interlocuteurs. Ce n'est pas seulement une question de dignité personnelle face aux traquenards. C'est évidemment un choix pour maîtriser notre communication. »

Des alternatives possibles mais risquées

Malgré cette domination, des formats alternatifs existent. « Une annonce innovante permettrait de se singulariser et donnerait une plus-value à une candidature. Mais le JT reste la grand-messe ou le grand oral pour les candidats. C'est un marqueur fort, comme la sortie d'un livre quelques mois avant l'élection », assure le spécialiste. En novembre 2021, Éric Zemmour avait tenté d'innover en publiant une longue vidéo sur YouTube, en hommage à l'appel du 18-Juin du général de Gaulle. Cependant, le clip avait été retiré de la plateforme après sa condamnation en justice pour utilisation d'images sans autorisation.

Ainsi, le JT demeure un canal de communication privilégié pour les annonces de candidature, offrant une visibilité et une maîtrise appréciées des politiques, malgré l'émergence de nouvelles formes de communication.

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