Le ministre délégué à l'Europe, Benjamin Haddad, a officiellement apporté son soutien à Édouard Philippe pour l'élection présidentielle de 2027, ce mercredi 26 août. Il rejoint ainsi plusieurs membres du gouvernement de Sébastien Lecornu qui ont déjà affiché leurs préférences, marquant la fin de la consigne de neutralité imposée par Matignon.
Un soutien de poids pour Édouard Philippe
Sur France 2, Benjamin Haddad a justifié son choix : « Je pense qu'il est le mieux placé pour rassembler notre famille politique et élargir, et notamment faire l'alliance du centre et de la droite que j'espère ». Il a également évoqué la nécessité de l'unité : « Nous faisons partie de la même famille politique et bien sûr nous avons vocation à tous nous rassembler, sinon ce sera la catastrophe pour le pays ».
Le ministre délégué s'est dit favorable à un rassemblement dès le premier tour avec le candidat Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, « quand on arrivera vers l'hiver ». Cette déclaration intervient alors que plusieurs autres ministres ont déjà rejoint le camp du maire du Havre.
Une dynamique Philippe au sein du gouvernement
Avant Benjamin Haddad, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre, tous deux membres de Renaissance, avaient déjà soutenu Édouard Philippe. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a apporté son soutien le 17 août et sera présent à la rentrée politique de Philippe, le 30 août à Tourcoing.
La ministre de l'Enseignement, de la Formation et de l'Apprentissage Sabrina Roubache, proche du président de la République, s'est également rapprochée du candidat Horizons. Le ministre chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité Nicolas Forissier, membre de LR suspendu par son parti, était présent au meeting parisien du 5 juillet et se qualifie d'« éclaireur » pour la droite.
Naïma Moutchou (Outre-mer) et Anne Le Hénanff (Numérique), membres d'Horizons, soutiennent aussi le Havrais, tout comme le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, présent au rassemblement de juillet.
Gabriel Attal conserve quelques fidèles
Gabriel Attal, candidat de Renaissance, peut compter sur un cercle restreint de soutiens. Lors du meeting de lancement de sa campagne le 30 mai, plusieurs ministres étaient présents au premier rang : Stéphanie Rist (Santé), David Amiel (Comptes publics), Eléonore Caroit (Francophonie) et Roland Lescure (Économie). Attal a rappelé sur France Inter être un « marcheur historique » et un « militant depuis dix ans d'un parti dont je suis extrêmement fier ».
À huit mois du premier tour, la majorité des ministres restent silencieux. Certains, comme le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, ne sont issus d'aucun parti et se tiennent à l'écart. D'autres attendent un rassemblement, à l'image de la ministre de l'Égalité Aurore Bergé, qui ne veut pas d'Attal. Les membres du MoDem, comme Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), attendent la décision de François Bayrou.
Certains ministres verraient d'un bon œil une candidature de Sébastien Lecornu, notamment Serge Papin (Commerce) et Laurent Panifous (Relations avec le Parlement). Ce dernier déclarait au « Point » en juillet : « Il ferait un très bon candidat ». Cependant, une semaine plus tôt, il avait soutenu Bernard Cazeneuve, déclarant dans « Ouest-France » : « Je souhaite que Cazeneuve se présente. Il faut un candidat pour porter et incarner les valeurs de la social-démocratie ».
Enfin, la ministre de l'Écologie Monique Barbut a déclaré dans « Libération » que Jean-Luc Mélenchon est le candidat « qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions », une position jugée ironiquement comme « un vrai élan de lucidité » par une membre de la direction insoumise.



