Primaire PS : Glucksmann face au défi de l'appareil socialiste
Primaire PS : Glucksmann face à l'appareil socialiste

L'université d'été du Parti socialiste à Blois, dans le Loir-et-Cher, se déroule sous une météo changeante, alternant soleil et pluie, illustrant les tensions internes au parti. À huit mois de l'élection présidentielle, le PS n'a toujours pas de candidat, mais une primaire doit être organisée dans un peu plus d'un mois.

Olivier Faure, Premier secrétaire, a lancé à son arrivée sur le campus : « Le Parti socialiste a quelque chose à dire dans cette élection présidentielle et nous allons être la surprise. » Une déclaration qui contraste avec l'ambiance tendue décrite par les participants.

Une primaire sous tension et des candidats en lice

Un militant d'une trentaine d'années a confié : « Il y a quelque chose de spécial, on sent de la tension comme à un Congrès. » Quatre candidats sont déjà déclarés pour la primaire, mais un nom revient constamment dans les discussions : Raphaël Glucksmann, chef de file de Place publique.

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Selon un sondage Ifop publié lundi, Glucksmann est crédité de 11 à 17 % d'intentions de vote, ce qui fait de lui le candidat de la gauche non-mélenchoniste le mieux placé. Pourtant, malgré ces chiffres, il ne fait pas l'unanimité et doit participer à la primaire interne, un scrutin qu'il n'avait pas souhaité il y a trois mois.

Guillaume Garot, député socialiste de Mayenne et soutien de Glucksmann, a déclaré : « Il y a une prise de risque, mais elle est nécessaire. Il faut aller chercher un soutien du PS par le vote. Et on le sait, aucun scrutin n'est gagné d'avance. »

Glucksmann face aux « hommes d'appareil » et aux doutes des militants

Raphaël Glucksmann devra affronter des députés PS comme Philippe Brun et Jérôme Guedj, ainsi que Ségolène Royal. Un cadre du Parti socialiste a prévenu : « Ça ne sera pas un long fleuve tranquille. Il va devoir faire face à de redoutables hommes d'appareil. Il entre dans un autre monde, c'est un sport qu'il n'a jamais pratiqué, on verra s'il a la nuque raide. »

Romain Eskenazi, député PS du Val-d'Oise et proche de Philippe Brun, a ajouté : « On poussera nos propositions, lui doit lever les doutes sur sa ligne politique. Il y aura de vrais débats, mais s'il gagne, on fera campagne pour lui. »

Olivier Faure, crédité d'environ 5 % au premier tour de la présidentielle, est considéré comme le principal adversaire de Glucksmann. Un soutien du Premier secrétaire a souligné : « Faure est sous-estimé par ceux qui ne lisent que les sondages, il ne l'est pas par ceux qui connaissent le parti. De nombreux adhérents n'ont pas envie de se jeter dans les bras d'un inconnu, et Olivier Faure bénéficiera d'avoir toujours défendu l'intérêt du PS. »

Même parmi les électeurs potentiels de Glucksmann, des doutes persistent. Arnaud, un militant de 32 ans, a confié : « Il n'y a pas de Glucksmania. Pour l'instant, c'est un choix par défaut, un candidat faute de mieux. C'est vrai qu'on a des craintes sur le risque de disparition du PS… »

L'arrivée de Glucksmann à Blois et l'ombre de François Hollande

Raphaël Glucksmann est arrivé en fin de journée à Blois, accueilli par ses soutiens au PS : Carole Delga, présidente de la région Occitanie, Nicolas Mayer-Rossignol et Michaël Delafosse, maires de Rouen et Montpellier, et Boris Vallaud, président des députés socialistes. Alors qu'il organisait un point presse, il a été interrompu par l'arrivée inattendue d'Olivier Faure, qui a promis : « Vous n'aurez pas de sang sur les murs. » Les sourires des soutiens de Glucksmann étaient toutefois crispés.

Un peu plus tôt, François Hollande a tenu un point presse pour critiquer la primaire de son propre parti, rappelant qu'à la primaire de 2011, il y avait 3 millions de participants, et que ce nombre donnerait une indication de la dynamique. L'ancien président a assuré qu'il y aurait des « rassemblements à opérer en fin d'année », laissant planer le doute sur une éventuelle candidature.

Raphaël Glucksmann, même s'il remportait la primaire d'octobre, devra encore composer avec les éléphants socialistes et les manœuvres internes du parti.

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