La perspective d'un second tour Mélenchon-Le Pen à la présidentielle de 2027 relance le débat sur l'organisation d'une primaire de la droite et du centre. Le maire de Cannes, David Lisnard, a réitéré cette semaine son appel dans une tribune publiée dans Le Monde, soutenu par une lettre de 200 élus parue dans Le Figaro. Jusqu'à présent, cette proposition n'avait guère suscité d'enthousiasme, notamment chez Édouard Philippe et Gabriel Attal, qui devancent nettement leurs concurrents dans les enquêtes d'opinion.
Une stratégie remise en cause par les dernières intentions de vote
La stratégie consistant à s'appuyer sur les sondages pour désigner le champion de la droite et du centre est désormais remise en cause. Les dernières intentions de vote montrent en effet que la perspective d'une finale entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen gagne du terrain. Ce serait la première fois sous la Ve République qu'un candidat de cette sensibilité politique serait absent du second tour. Cette évolution pourrait convaincre les récalcitrants de l'utilité d'une procédure de départage.
L'organisation d'une primaire pourrait prendre corps si d'autres sondages venaient confirmer la percée du candidat d'extrême gauche, et alors que la liste des candidats s'allonge avec l'annonce de Xavier Bertrand, jeudi. La plupart de ceux qui sont favorables à une primaire s'accordent pour ouvrir le corps électoral aux sympathisants de la droite et du centre, et pas seulement aux adhérents des partis.
Quel périmètre pour la primaire ?
Les signataires de la lettre dans Le Figaro proposent d'accueillir les candidats de droite et du centre qui signeraient une charte « de valeurs et de principes communs », comme l'attachement à l'économie de marché, l'ancrage européen ou « la régulation de l'immigration ». David Lisnard veut la rendre « accessible à tous ceux qui partagent les principes de liberté, de responsabilité individuelle et d'indépendance nationale ».
Cette fois-ci, le maire de Cannes n'a pas cité de noms de partis ou de candidats, contrairement à octobre 2025 où il traçait une ligne « de l'Union des démocrates et indépendants à Horizons, jusqu'à Dupont-Aignan, Sarah Knafo ». Sans doute parce qu'il faudra, au centre gauche, pousser jusqu'au macroniste Gabriel Attal et pour ne pas effrayer ce même centre gauche avec une ouverture jusqu'à Reconquête ! d'Éric Zemmour. On voit bien la difficulté d'établir un périmètre acceptable par tous.
Un processus pour éviter la division
David Lisnard a posé les avantages d'un tel processus : « Éviter à la fois la division qui fait perdre les élections et la compromission programmatique qui empêchera le redressement du pays. » Cette déclaration intervient alors que le maire de Cannes fera sa rentrée politique ce samedi soir à Cannes, où il devrait développer son argumentaire en faveur de la primaire. La question reste ouverte de savoir si les principaux favoris des sondages, Édouard Philippe et Gabriel Attal, accepteront de se soumettre à ce processus incertain.



