Édouard Philippe en forte progression après sa réélection au Havre
Porté par sa victoire aux élections municipales au Havre, Édouard Philippe enregistre une hausse significative de sa popularité. Il gagne sept points dans les sondages et passe ainsi de la 18e à la 4e place du classement des personnalités politiques. Cette remontée spectaculaire intervient après une période de fragilité, marquée par ses appels à la démission d’Emmanuel Macron l’année dernière, qui l’avaient déchu de son statut de grand favori pour la prochaine présidentielle. L’ancien Premier ministre espère désormais inverser durablement cette tendance négative.
Reste à savoir si cette dynamique, clairement liée au scrutin municipal, ne s’émoussera pas avec le temps. « Édouard Philippe s’est consolidé sur l’espace macroniste, mais il reste au même niveau que Sébastien Lecornu et Gabriel Attal. Il n’y a pas de leadership clair dans l’espace central. C’est une difficulté pour l’avenir », analyse Jean-Yves Dormagen, président de Cluster17.
Un positionnement politique à définir
En outre, le président d’Horizons doit trancher son positionnement politique. Faut-il ratisser large, de « la gauche sociale-démocrate à la droite conservatrice », comme il l’affirmait lors de la dissolution de 2024 ? Ou bien s’ancrer clairement à droite, dans le même espace qu’occupait autrefois l’UMP ? Pour l’instant, il maintient une certaine ambiguïté stratégique.
« Édouard Philippe est davantage latéralisé à droite qu’à gauche par rapport à ce qu’était la coalition macroniste des origines, observe Jean-Yves Dormagen. Il ne remplit qu’une partie de l’équation : il est apprécié au centre droit mais il a peu de soutien au centre gauche. À terme, cela peut être un problème pour exister dans la compétition électorale, car il aura besoin de l’aile droite et de l’aile gauche du macronisme », poursuit l’expert.
Ciotti en progression, Retailleau en berne
Ces élections municipales profitent également à Éric Ciotti. Son élection à la mairie de Nice le hisse à la 5e place du classement, alors qu’il n’était que 13e le mois dernier. À l’inverse, Christian Estrosi, défait par Ciotti, perd six points de popularité.
Quant au patron des LR, Bruno Retailleau, qui a semé le trouble en refusant de soutenir clairement le candidat de droite à Nice, sa dynamique est en baisse. Il perd trois points et affiche un taux de soutien de seulement 6 %. « À ce stade, son espace électoral reste assez réduit », souligne Jean-Yves Dormagen.
La gauche affaiblie par les municipales
À gauche, toutes les personnalités sont en baisse, affaiblies par la séquence des municipales, marquée par les polémiques sur les alliances avec La France Insoumise (LFI). « De la gauche modérée à la gauche radicale, personne n’est épargné. La gauche a donné une image d’hésitation et de cacophonie », explique Jean-Yves Dormagen. Au sein de cet espace, c’est Jean-Luc Mélenchon qui dispose du socle électoral le plus élevé (12 %) malgré son impopularité au niveau global.
Le RN demeure le bloc dominant
Au sein de cette configuration politique morcelée, le Rassemblement National (RN) demeure en tête des sondages. Jordan Bardella affiche un taux de popularité de 39 % et Marine Le Pen de 38 %. Tous deux peuvent aussi se targuer d’un taux de soutien supérieur à 20 %, soit presque quatre fois plus que beaucoup de leurs opposants.
« Aujourd’hui, le RN est le seul bloc dominant. Ce sont les candidatures les plus à droite qui ont le niveau de soutien le plus élevé », conclut Jean-Yves Dormagen. Cette consolidation du RN illustre les défis auxquels font face les autres formations politiques dans un paysage de plus en plus fragmenté.



