Présidentielle 2027 : Philippe propose l'union droite-centre
Philippe propose l'union droite-centre aux législatives

Édouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, a proposé dimanche 30 août à Tourcoing la création d'un « nouveau parti » ou d'une « confédération de partis » avec des « candidats uniques dans chaque circonscription » pour les prochaines élections législatives. Il a lancé cet appel à l'union lors de la rentrée politique de Gérald Darmanin, en présence de plusieurs élus Renaissance, alors que des critiques fusent de la part de trois anciens Premiers ministres.

Un rassemblement officialisé avec Darmanin

Après un débat avec François Hollande le 29 août à Sens, dans l'Yonne, lors d'un événement organisé par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer, Édouard Philippe s'est rendu à Tourcoing pour la rentrée politique de Gérald Darmanin. L'occasion d'officialiser le ralliement du ministre de la Justice, annoncé le 17 août dans « La Voix du Nord ». Les deux hommes se sont laissés filmer en train de servir les traditionnelles frites du Nord, tabliers sur la chemise blanche, dans un geste de communication politique soigné.

Devant 600 à 700 personnes réunies dans le jardin botanique de la ville, Gérald Darmanin et Édouard Philippe ont évité les sujets de programme, notamment les retraites, leur principal point d'achoppement. Le garde des Sceaux est opposé à la « retraite à 67 ans » évoquée par le maire du Havre. Le local de l'étape a déclaré que son candidat était « la seule personne qui peut gagner » la présidentielle, mais aussi « la seule personne qui peut avoir une majorité parlementaire à l'Assemblée ».

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Une « recomposition politique » pour 2027

En présence de quelques élus Renaissance, dont Sylvain Maillard et Agnès Pannier-Runacher, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron a expliqué vouloir créer « un nouveau parti » ou « une confédération de partis ». Ces candidats uniques devront s'engager « sur un contrat de majorité » et « sous une bannière commune », afin de créer une « majorité politique » à l'Assemblée, a-t-il ajouté.

« Il ne s'agit pas de refaire l'UMP », comme le lui reproche régulièrement l'équipe de Gabriel Attal. Mais 2027 doit amener une « recomposition politique », a insisté Édouard Philippe, qui ambitionne, après dix ans de macronisme, de « rassembler la droite et le centre ». Disant être attaché à « la construction européenne », au « respect de l'État de droit et du modèle démocratique », ou encore à « la conscience claire de l'urgence climatique », le candidat Horizons a appelé tous ceux qui s'y retrouvent à « se rassembler pour que nous ne basculions ni dans la soi-disant “nouvelle France” de LFI, ni dans l'identitarisme nationaliste et gauchisant de Mme Le Pen ».

Des critiques de trois anciens Premiers ministres

Gabriel Attal, en visite à la foire de Châlons-en-Champagne, a souligné ses « vraies différences » avec Édouard Philippe, jugeant que son rival fait campagne « avec les idées d'il y a 20 ans ». Moins d'une heure avant la prise de parole de son concurrent à Tourcoing, le patron de Renaissance a fait valoir qu'il était désormais au même niveau que le Havrais, « quasiment dans la marge d'erreur dans la quasi-totalité des sondages ». Et d'insister : « Il n'y a pas de candidat naturel ou de candidat aujourd'hui favori dans cette élection (…) personne ne plie le match. » Interrogé sur la proposition d'union aux législatives, Gabriel Attal a affirmé qu'il ne fallait « pas mettre la charrue avant les bœufs » : « D'abord, il faut gagner l'élection présidentielle. »

François Bayrou, sur Radio J, a étrillé la proposition d'Édouard Philippe d'augmenter de 20 % le salaire des enseignants, une promesse chiffrée à « 18 milliards » d'euros par le président du MoDem, qui prédit que d'autres fonctionnaires, « les catégories médicales par exemple, vont dire : “Pourquoi eux et pas nous ?” ». Avant d'ajouter : « J'essaie de ne pas être insultant dans mes propos, même si quelques fois je suis un peu étonné… » Celui qui pousse pour une candidature de Thierry Breton assure dans une tribune à « La Tribune Dimanche » qu'aucun candidat déclaré « n'a la légitimité suffisante pour dominer tous les autres ».

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Dominique de Villepin, sur BFM-TV, s'en est pris à ses positions sur l'immigration : « Quand je vois Edouard Philippe, membre d'un parti républicain, dire à Mayotte qu'il faut revoir le droit du sol et revoir le droit d'asile… On est en France, à Mayotte. Si on remet en cause le droit d'asile à Mayotte, qu'est-ce qu'on fait sur l'Hexagone, le territoire national ? » Dénonçant une « surenchère », il est allé jusqu'à estimer que le candidat Horizons « fait le jeu » de Marine Le Pen.

Le soutien de Darmanin et une ouverture de Wauquiez

Ce dimanche, Édouard Philippe a pu compter sur Gérald Darmanin, qui veut être son « premier matelot », et sur Laurent Wauquiez. Le patron des députés Les Républicains, qui faisait sa rentrée politique en Haute-Loire, s'est dit « convaincu que la primaire est la moins mauvaise des solutions pour rassembler la droite ». Sans citer Édouard Philippe, il ne le critique pas non plus, une position qui marque une évolution par rapport à la main tendue de début juillet dans « Le Figaro ».