Haakon VIII a été proclamé roi de Norvège ce jour, succédant à son père, le roi Harald V. Le nouveau souverain, âgé de 52 ans, hérite d'une monarchie dont la popularité reste élevée dans l'opinion, mais qui doit faire face à des fragilités structurelles, notamment après les scandales ayant touché la famille royale ces dernières années. Son avènement marque un tournant pour une institution séculaire, confrontée à la fois aux attentes de modernité et à la préservation de ses traditions.
Un nouveau roi pour une monarchie ancienne
Haakon VIII, fils aîné du roi Harald V et de la reine Sonja, a prêté serment devant le Storting, le Parlement norvégien, lors d'une cérémonie sobre mais empreinte de solennité. Il devient le premier roi de Norvège à porter ce nom depuis Haakon VII, qui régna de 1905 à 1957. Le nouveau souverain a choisi de conserver son prénom, signe de continuité avec l'histoire de la dynastie, tout en affirmant sa volonté de « servir le peuple norvégien avec loyauté et dévouement ».
La cérémonie s'est déroulée en présence des membres du gouvernement, des représentants des trois pouvoirs et des invités étrangers, dont plusieurs têtes couronnées européennes. Le nouveau roi a ensuite prononcé un discours dans lequel il a rendu hommage à son père, saluant « un règne marqué par la dignité et l'engagement », avant d'appeler les Norvégiens à « construire ensemble une société plus juste et plus solidaire ».
Une popularité intacte malgré les turbulences
Selon un récent sondage réalisé par l'institut Opinion, 78 % des Norvégiens se déclarent satisfaits de la monarchie, un chiffre qui place la Norvège parmi les pays européens où l'institution royale est la plus soutenue. La popularité personnelle d'Haakon VIII est encore plus élevée : 84 % des personnes interrogées expriment une opinion positive à son égard, un score supérieur à celui de son père à la même époque.
Cette popularité, le nouveau roi la doit à son engagement de longue date dans des causes sociétales, notamment la jeunesse, l'éducation et la santé mentale. Il a également su incarner une certaine modernité, en épousant en 2001 Mette-Marit Tjessem Høiby, une roturière mère d'un enfant, ce qui avait suscité un vif débat à l'époque mais a finalement renforcé son image de prince proche du peuple.
Les défis d'une institution fragilisée
Malgré cette popularité, la monarchie norvégienne sort affaiblie de plusieurs années marquées par des controverses. Le frère cadet du nouveau roi, le prince Sverre Magnus, a été impliqué en 2024 dans une affaire de violences conjugales, ce qui avait conduit à son retrait de la vie publique. Plus récemment, la princesse Märtha Louise, sœur du roi, a annoncé son intention de se marier avec l'auteur américain Durek Verrett, une union qui a divisé l'opinion et suscité des critiques sur les liens de la famille royale avec des pratiques ésotériques.
Face à ces scandales, le nouveau roi a promis de « renforcer la transparence et la responsabilité » au sein de la maison royale. Il a notamment annoncé la création d'une commission indépendante chargée d'évaluer le fonctionnement de la cour et de proposer des réformes, une première dans l'histoire de la monarchie norvégienne. Cette initiative, saluée par la presse locale, vise à restaurer la confiance des citoyens et à adapter l'institution aux exigences du XXIe siècle.
Un règne sous le signe de la continuité
Haakon VIII a également réaffirmé son attachement aux valeurs fondamentales de la monarchie norvégienne : la défense de la démocratie, l'unité nationale et la représentation de la Norvège à l'étranger. Il a annoncé qu'il poursuivrait les voyages officiels de son père, notamment dans les régions arctiques, où la Norvège joue un rôle clé dans la coopération internationale.
Le nouveau roi a conclu son discours en citant son grand-père, le roi Olav V : « Le roi doit être le serviteur de son peuple ». Une promesse qu'il entend traduire en actes, en multipliant les rencontres avec les citoyens et en s'engageant personnellement dans les grands enjeux de son temps, comme la transition écologique et l'inclusion sociale.
Le règne d'Haakon VIII s'ouvre donc sous le double signe de la continuité et du renouveau. Fort d'une popularité solide, il devra néanmoins composer avec une institution fragilisée par les scandales et les attentes d'une société en mutation. Les premiers mois de son règne seront déterminants pour dessiner les contours d'une monarchie moderne, capable de traverser les décennies à venir.



