Ni Juppé ni Macron : l'équilibriste Philippe en meeting
Ni Juppé ni Macron : Édouard Philippe en équilibriste

Édouard Philippe a tenu son premier meeting de campagne, samedi, à Paris. Devant 2 000 personnes réunies à la Maison de la Mutualité, l'ancien Premier ministre a tenté de tracer sa propre voie, entre la ligne d'Alain Juppé et celle d'Emmanuel Macron. Un numéro d'équilibriste salué par ses partisans, mais qui laisse des interrogations.

Un discours de synthèse

Pendant près d'une heure, Édouard Philippe a déroulé un discours qui se voulait rassembleur. Il a rendu hommage à Alain Juppé, son mentor, en citant son « sens de l'État » et sa « vision de la France ». Mais il a aussi salué l'action d'Emmanuel Macron, notamment sur le plan européen. « Je ne suis ni le candidat d'un clan ni celui d'un système », a-t-il affirmé, provoquant des applaudissements nourris.

Selon un sondage Elabe pour Les Échos, 34 % des Français ont une bonne opinion d'Édouard Philippe, contre 28 % pour Xavier Bertrand et 22 % pour Valérie Pécresse. Mais le maire du Havre reste encore méconnu : 42 % des sondés ne savent pas quoi penser de lui.

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Un positionnement risqué

Cette stratégie du « en même temps » n'est pas sans risque. D'un côté, les juppéistes lui reprochent de ne pas assez se démarquer de Macron. De l'autre, les macronistes craignent qu'il ne soit trop marqué à droite. « Il faut qu'il choisisse son camp », estime un député LR présent dans la salle. « On ne peut pas être à la fois le candidat de la droite et celui du centre. »

Édouard Philippe a tenté de rassurer en affirmant que « la droite doit rester elle-même, mais ouverte sur la société ». Il a également critiqué le bilan d'Emmanuel Macron sur les retraites et la sécurité, deux thèmes chers à la droite. « Sur ces sujets, le président n'a pas tenu ses promesses », a-t-il lancé.

Un meeting réussi mais des doutes

Sur la forme, le meeting a été un succès. Les militants ont apprécié la simplicité du candidat, son humour et sa proximité. « Il est authentique, ça change », confie une militante venue de Seine-et-Marne. Mais sur le fond, beaucoup restent sur leur faim. « On attend de voir ce qu'il propose concrètement », explique un élu local.

Prochaine étape pour Édouard Philippe : un déplacement à Lyon mardi, où il doit rencontrer des chefs d'entreprise. L'occasion de préciser son projet économique, encore flou. « Le temps presse », reconnaît son entourage. À moins d'un an de la présidentielle, le candidat doit encore convaincre au-delà de son cercle de fidèles.

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