Peter Mandelson interrogé dans l'affaire Epstein : crise au sein du gouvernement travailliste
Mandelson interrogé dans l'affaire Epstein : crise travailliste

Peter Mandelson interrogé dans l'enquête Epstein : une tempête politique pour le gouvernement travailliste

L'ancien ministre et ambassadeur britannique Peter Mandelson, figure centrale de la vie politique du Royaume-Uni, a été interrogé puis libéré sous caution dans le cadre de l'enquête sur le financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. Cette arrestation, survenue lundi vers 17 heures GMT, suscite des remous considérables au sein du gouvernement travailliste et intervient seulement quatre jours après l'interpellation de l'ex-prince Andrew.

Les accusations et l'arrestation

La police londonienne a indiqué mardi matin qu'un homme de 72 ans, arrêté pour soupçons de faute professionnelle dans l'exercice de ses fonctions publiques, avait été remis en liberté sous caution dans l'attente de la poursuite de l'enquête. Peter Mandelson est spécifiquement suspecté de manquements à ses devoirs, avec des allégations liées à la dernière série de documents associés à Epstein.

Des images diffusées par la BBC montrent l'ancien ministre rentrant chez lui après être descendu d'un taxi, tandis que des chaînes d'information avaient précédemment filmé sa sortie de son domicile londonien, escorté par deux policiers en civil vers une voiture banalisée.

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Contexte et éléments d'enquête

L'arrestation de ce pilier historique du parti travailliste et artisan du New Labour avec Tony Blair fait suite à l'ouverture d'une enquête le 3 février dernier. Les investigations s'appuient sur des documents tirés des dossiers Epstein, rendus publics fin janvier par le ministère américain de la Justice.

Plusieurs éléments préoccupants ont émergé :

  • Des documents suggèrent que Mandelson aurait transmis à Epstein des informations susceptibles d'influer sur les marchés financiers, notamment lorsqu'il était ministre dans le gouvernement de Gordon Brown entre 2008 et 2010.
  • La police a perquisitionné deux résidences de l'ancien ministre le 6 février : l'une près de Regent's Park à Londres, l'autre dans le Wiltshire au sud-ouest de l'Angleterre.
  • Des documents indiquent que Mandelson aurait reçu des versements totalisant 75 000 dollars (63 200 euros) d'Epstein en 2003 et 2004, bien qu'il affirme n'en avoir « ni trace ni souvenir ».

Gordon Brown lui-même a transmis à la police des informations concernant ce qu'il a qualifié d'« acte inexcusable et antipatriotique » de la part de son ancien collègue.

Conséquences politiques majeures

Ces accusations fragilisent considérablement le gouvernement travailliste de Keir Starmer, déjà sous pression depuis l'affaire Epstein. Le Premier ministre est accusé d'avoir nommé fin 2024 Peter Mandelson ambassadeur à Washington alors même qu'il connaissait les liens persistants entre l'ancien ministre et Epstein après la condamnation de ce dernier pour crimes sexuels.

Keir Starmer a rappelé Mandelson des États-Unis en septembre 2025 suite à de nouvelles informations le liant à Jeffrey Epstein. Depuis, le chef du gouvernement a présenté ses excuses, notamment aux victimes, tandis que son chef de cabinet et son directeur de la communication ont démissionné.

Transparence et suites judiciaires

Le gouvernement s'est engagé à publier tous les documents liés à la nomination et à la révocation de Peter Mandelson. Une première tranche de plus de 100 000 documents, incluant les échanges électroniques entre l'ex-ambassadeur et des membres de l'exécutif, devrait être rendue publique début mars.

Une commission parlementaire filtre préalablement les éléments potentiellement sensibles pour la sécurité nationale, décidant de leur publication ou non. Un porte-parole de Mandelson a déclaré le 8 février que l'ancien ministre « regrette et regrettera jusqu'à son dernier souffle d'avoir cru aux mensonges d'Epstein concernant ses actes criminels », ajoutant qu'il n'a découvert la vérité qu'après la mort du financier en 2019.

Cette affaire, qui implique désormais deux figures britanniques de premier plan, continue de secouer l'établissement politique britannique et soulève des questions persistantes sur les relations entre le pouvoir et les réseaux d'influence criminels.

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