Emmanuel Macron a présidé une cérémonie d'hommage au capitaine Alfred Dreyfus au Panthéon, ce dimanche 12 juillet 2026, à l'occasion du 120e anniversaire de sa réhabilitation. Le chef de l'État a dénoncé la résurgence de l'antisémitisme en France, déclarant que « les vieux démons n'ont jamais totalement disparu de notre pays ».
Un hommage solennel au Panthéon
La cérémonie s'est déroulée en présence de nombreuses personnalités politiques, de représentants de la communauté juive et de la famille Dreyfus. Macron a déposé une gerbe au pied de la tombe de Dreyfus, avant de prononcer un discours retraçant le combat pour la justice et la vérité qui a marqué l'affaire Dreyfus.
Dans son allocution, le président a rappelé que l'affaire Dreyfus avait divisé la France à la fin du XIXe siècle, opposant les dreyfusards, partisans de la révision du procès, aux antidreyfusards, nationalistes et antisémites. Il a souligné que cette affaire restait un symbole de la lutte contre l'injustice et l'antisémitisme.
« Les vieux démons n'ont jamais totalement disparu »
Emmanuel Macron a ensuite évoqué la situation actuelle, dénonçant la recrudescence des actes antisémites en France. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, les actes antisémites ont augmenté de 30 % en 2025 par rapport à l'année précédente, avec 1 200 incidents recensés. Le président a déclaré : « Nous devons rester vigilants. Les vieux démons n'ont jamais totalement disparu de notre pays. »
Il a également appelé à une mobilisation collective contre toutes les formes de haine, en particulier l'antisémitisme, qui selon lui « gangrène notre société et menace nos valeurs républicaines ».
Un appel à l'unité nationale
Macron a insisté sur la nécessité de l'unité nationale face à la montée des extrémismes. Il a rendu hommage aux Justes parmi les nations et à tous ceux qui se sont levés contre l'injustice. Il a conclu son discours en affirmant que « la France ne cédera jamais à la haine et à la division ».
Cette cérémonie intervient dans un contexte de tensions politiques et sociales, avec une montée des discours populistes et xénophobes en Europe. Le président a voulu rappeler les valeurs fondamentales de la République française, issues des Lumières et de la Révolution.
Réactions politiques
L'hommage a été salué par plusieurs responsables politiques. Le président du Crif, Yonathan Arfi, a déclaré : « Ce geste fort montre que la République n'oublie pas ses combats passés et reste déterminée à lutter contre l'antisémitisme. »
En revanche, certains opposants ont critiqué le président, l'accusant de faire de la « récupération politique ». Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a estimé que « l'antisémitisme n'est pas combattu par des discours, mais par des actes concrets ». Macron a répondu en rappelant que son gouvernement avait pris des mesures fortes, notamment le renforcement de la loi contre les discours de haine et l'augmentation des moyens alloués à la protection des lieux juifs.
Un devoir de mémoire
L'affaire Dreyfus a marqué un tournant dans l'histoire de la France. Alfred Dreyfus, capitaine d'artillerie juif alsacien, a été accusé à tort d'espionnage en 1894, condamné à la déportation à vie sur l'île du Diable, avant d'être réhabilité en 1906. Cette affaire a mobilisé des intellectuels comme Émile Zola, auteur du célèbre « J'accuse…! ».
En rendant hommage à Dreyfus, Macron a voulu rappeler que la lutte contre l'injustice et l'antisémitisme est un combat permanent. Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, 68 % des Français estiment que l'antisémitisme est un problème grave dans le pays. Le président a donc exhorté les citoyens à rester unis face à cette menace.



