David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France, candidat à la présidentielle, était dans l'Hérault les 5 et 6 août. Il a accordé un entretien à Midi Libre, où il a dévoilé les grandes lignes de son projet : une réduction drastique de la dépense publique, une critique acerbe de l'État-providence et un appel à une primaire à droite.
Une dépense sociale jugée « mortelle »
Pour David Lisnard, « l'État-providence est mort ». Il pointe un chiffre : 970 milliards d'euros de dépense sociale, soit un tiers de la richesse nationale. « On n'a jamais autant dépensé », insiste-t-il. Il propose de tailler « très sévèrement » dans la dépense publique, avec une baisse de 200 milliards d'euros par an sur la fin du quinquennat, tout en reconnaissant que « ce n'est pas possible tout de suite » en raison des réalités humaines. Il admet que ce chiffre est « beaucoup trop raisonnable » et qu'il faudrait viser 300 milliards, mais qu'il n'a pas « encore résolu tous les problèmes de l'équation ».
Il dénonce également l'inflation des entités étatiques : 1 153 selon le Sénat, employant 440 000 agents. Cela représenterait plus de 100 milliards d'euros de dépenses supplémentaires par rapport à la moyenne européenne. « On raisonne comme si on était dans les Trente Glorieuses », regrette-t-il, fustigeant le « rabot » et l'impôt, qu'il qualifie de « degré zéro de la bonne gestion budgétaire ».
Des règles environnementales « peu nombreuses mais respectées »
Sur l'environnement, David Lisnard se dit « un grand écologiste », mais critique les interdictions « sans fondement scientifique ». Interrogé sur la loi Duplomb et l'acétamipride, un insecticide soupçonné d'être cancérigène, il affirme qu'il aurait voté la loi, car « tout produit concentré est une nuisance » et que « c'est une question de quantité ». Il s'appuie sur des articles de L'Opinion et du Point pour affirmer que l'acétamipride n'est pas cancérigène aux seuils européens. Il appelle à des « vraies règles environnementales, peu de règles, mais vraiment respectées ».
Un libéralisme assumé, mais pas dogmatique
Comparé à Alain Madelin, dernier candidat libéral en 2002, David Lisnard ironise : « Ah, je croyais que c'était Macron ». Il dénonce chez ce dernier un « étatiste, énarque, conformiste, bureaucrate ». Il assume son étiquette libérale, tout en la nuançant : « C'est une question d'équilibre, on est allé beaucoup trop loin dans l'encadrement administratif ». Il prône « gagner plus en cotisant moins » et sortir d'un « État-providence qui nous plombe, qui est un aspirateur à pauvreté ».
Il fustige le conformisme étatiste de tous les candidats, du RN à LFI en passant par les macronistes et LR. Selon lui, ceux qui font monter les extrêmes sont ceux qui « font du marketing avant chaque élection » puis « s'assoient dessus » une fois élus.
La primaire, une nécessité pour éviter la dispersion
Crédité de 1 à 2 % des intentions de vote, David Lisnard appelle à une primaire à droite. Il constate que « Édouard Philippe suit la trajectoire descendante », qu'« Attal et Philippe vont se neutraliser », et que « Bruno Retailleau ne décolle pas ». Il prévient : sans primaire, « personne ne va au second tour ». Il se dit prêt à continuer son travail avec son parti « Nouvelle énergie » et à voir « où on est en décembre-janvier ».
Il critique vertement le bilan d'Emmanuel Macron : « Le bilan régalien est catastrophique ». S'il reconnaît quelques bonnes mesures initiales (ordonnance travail, flat tax), il relativise la baisse du chômage, « moins vite que la moyenne européenne ». Il conclut : « La grandiloquence des mots a été proportionnelle à l'impuissance des actes ».
« Soyons heureux que Total fasse des profits »
Interrogé sur la contribution des riches, il répond : « À un moment donné, ils diront “Écoutez, vous êtes bien gentils tous, mais on va aller être cotés ailleurs”, comme pourraient le faire Total ou LVMH. Donc soyons heureux que Total fasse des profits ». Il ajoute : « S'il y a des paradis fiscaux, c'est parce qu'il y a des enfers fiscaux. Et ce qui m'indispose, c'est qu'il y ait plus de pauvreté, pas qu'il y ait plus de riches ».
David Lisnard était à Frontignan, Loupian et Sète pour soutenir Malik Hamadache, candidat de son parti aux sénatoriales dans l'Hérault.



