Hollande fustige Mélenchon sur l'affaire Deranque et prédit sa marginalisation politique
L'ancien président socialiste François Hollande a lancé une charge virulente contre le chef de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, concernant les suites politiques de la mort du militant identitaire Quentin Deranque. Sur les ondes de RTL, l'ex-chef de l'État a qualifié la position de Mélenchon de "double faute", dénonçant son manque de clairvoyance et de responsabilité.
Une critique acerbe et des prédictions sévères
"Plutôt que de convenir qu'il a manqué de clairvoyance en soutenant la Jeune Garde, plutôt que de dire qu'il n'est pas acceptable qu'un député de son groupe ait des collaborateurs qui se retrouvent dans une rixe mortelle, plutôt que de faire amende honorable", a énuméré François Hollande, le leader insoumis "se met dans une position de tortue : on se carapace pour essayer de tenir bon". L'ancien président a prédit que Jean-Luc Mélenchon, son ennemi historique, "le paiera forcément" dans les urnes.
Évoquant la présidentielle de 2027, Hollande a estimé que Mélenchon ne peut plus aspirer à être le candidat portant la gauche au second tour, contrairement à ses tentatives de 2017 et 2022. "Ça ne peut plus être lui, c'est terminé", a-t-il affirmé, décrivant une "forme de marginalité politique" dans laquelle le leader de LFI se complairait et resterait selon lui.
Le contexte de l'affaire Deranque
Quentin Deranque, âgé de 23 ans, est décédé le 14 février, deux jours après avoir été violemment agressé au sol par des militants d'ultragauche à Lyon. Les Insoumis ont été accusés par leurs adversaires d'avoir un lien indirect avec cette agression mortelle, ce qu'ils rejettent catégoriquement. Sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité, dont deux assistants du député LFI Raphaël Arnault, fondateur du groupe antifasciste dissous la Jeune Garde.
Rappelant que LFI n'avait "aucun rapport avec la mort de ce jeune identitaire", le député insoumis Éric Coquerel a défendu sur TF1 la position de son groupe, estimant que "ce qui se passe politiquement vise à affaiblir, voire éliminer la principale formation de gauche du pays". Il a également soutenu le maintien de Raphaël Arnault à son siège de député, le décrivant comme "quelqu'un de menacé, quasiment condamné à l'avance alors qu'une enquête est en cours".
Une responsabilité morale et politique pointée du doigt
François Hollande a particulièrement dénoncé la "responsabilité morale et politique" de Jean-Luc Mélenchon dans cette affaire, soulignant que son attitude pourrait avoir des conséquences durables sur son avenir électoral. Cette polémique intervient dans un contexte où la gauche française est traversée par de vives tensions internes, et où l'enquête judiciaire sur la mort de Quentin Deranque continue de progresser, alimentant les débats politiques.



