Largement réélu pour la troisième fois à la tête de Gréolières avec 78,15 % des voix en mars 2026, Marc Malfatto poursuit sa stratégie de transformation de la commune. Le maire mise sur le tourisme quatre saisons, l'agriculture et de nouveaux équipements pour faire face au changement climatique et diversifier l'économie locale.
Une légitimité renforcée par une forte participation
Interrogé sur sa réélection, Marc Malfatto se déclare satisfait : « La participation est totalement satisfaisante. Ça donne une légitimité plus forte au choix que font les citoyens. » Avec 77,82 % de participation, il entend capitaliser sur cette confiance pour lancer les projets structurants de son mandat.
Les projets phares du mandat
Parmi les chantiers prioritaires, le maire cite la maison multiservice avec un volet médical, la réfection de la toiture de l'église Saint-Pierre (bâtiment inscrit), et la valorisation de la montagne du Cheiron via la future Maison de la montagne, dans le cadre de l'animation du territoire de la communauté d'agglomération Sophia Antipolis (Casa).
« Dans le cadre du développement des activités sportives, il y a aussi l'installation, sur la plateforme située sous la station-service, de l'atelier de réparation des parapentes. Les travaux viennent de commencer », précise-t-il. Il ajoute vouloir évaluer la capacité d'accueil de la commune face à l'afflux de nouveaux arrivants observé ces six dernières années.
La luge 4 saisons : un succès au-delà des attentes
La luge 4 saisons, opérationnelle depuis décembre 2025, dépasse les prévisions. « Au mois de juin, nous comptons environ 40 000 descentes, alors que nous en espérions 38 000 », se réjouit Marc Malfatto. Il souligne son rôle crucial : « C'est la luge 4 saisons qui sauve à la fois le fonctionnement du SMGA (Syndicat mixte des stations de Gréolières et de l'Audibergue) et la saison des vacances de Noël pour les commerçants. » Sur les onze jours d'exploitation du 20 décembre au 4 janvier, plus de 12 000 passages ont été enregistrés. Au total, la fréquentation devrait croître de 30 %.
Une saison hivernale sous tension
La saison hivernale reste difficile. « Cette année, la neige est arrivée pour les vacances de février, comme lors des deux années précédentes », explique le maire. Grâce à un enneigement naturel, le domaine a été ouvert intégralement pendant trois semaines, avec environ 44 000 forfaits vendus. Le chiffre d'affaires total (luge incluse) atteint près d'un million d'euros, contre deux millions en 2008-2009 avec la seule activité neige. « Cela montre bien que le mix entre ces deux types d'activités peut produire un véritable résultat », insiste-t-il.
Changement de nom : une transition assumée
Le passage de Gréolières-les-Neiges à Gréolières 1 400 était un acte politique fort. « Il fallait marquer le coup. C'est un dessein politique : il faut véritablement montrer qu'il est nécessaire de passer d'une station de ski à une station de montagne. L'économie de montagne ne peut plus, aujourd'hui, s'appuyer uniquement sur la neige pour se maintenir », affirme Marc Malfatto. Il souhaite inscrire ce modèle dans la durée.
La question de l'eau et de la retenue collinaire
La retenue collinaire, qui a fait débat cet hiver, n'est alimentée que par la surverse de la source des Termes. « Si la source ne déborde pas, nous ne pouvons plus l'alimenter. La retenue collinaire est donc alimentée avec des quantités extrêmement limitées », précise le maire. Néanmoins, la commune est alimentée par trois sources principales (Jeanne-Magnone, Saint-Ponce et Varaillon) qui fournissent actuellement des volumes suffisants sans difficulté.
Développement de l'agriculture locale
Gréolières mise sur l'agriculture. Trois bergers exploitent entre 1 500 et 2 000 moutons, et un chevrier installé depuis 2012 produit du fromage de chèvre et souhaite développer le retour du bovin. « Cette installation est soutenue par la municipalité pleinement partie prenante de cette démarche », indique Marc Malfatto. Une activité maraîchère s'est également installée à la Grande Ferrage, avec des terrains mis à disposition par la commune.
La station-service communale : un bilan positif
Ouverte en janvier 2026, la station-service communale rencontre un franc succès. « C'est un service attendu, que nous défendons depuis longtemps », souligne le maire. Située sur la départementale 2, un axe très fréquenté reliant la RN85 vers les Alpes, Grenoble et le nord de l'Europe, elle a vendu 111 000 litres de carburant et enregistré 222 000 euros de recettes pour 213 000 euros de dépenses.
Projet immobilier sur les anciens bâtiments liégeois
Un projet est en cours pour les bâtiments construits par la ville belge de Liège en 1971, qui accueillaient des colonies de vacances. Il prévoit six ou sept bâtiments intégrant chacun une vingtaine de logements, reprenant l'architecture d'un chalet.
Les trois priorités du mandat
Marc Malfatto définit trois priorités : « Bien vivre ensemble », en veillant à l'intégration d'une population répartie sur un vaste territoire ; « Soutenir le monde associatif et culturel », avec 42 000 euros versés chaque année aux associations ; et « Lancer les projets du mandat », en séquençant et organisant les principaux chantiers.
Interrogé sur les personnalités qui ont compté pour lui, il cite Charles de Gaulle, « qui se battait contre la chienlit et le désordre », Edgar Morin, l'historien Marc Bloch, et le président de la Casa, Jean Leonetti, qu'il surnomme « le dernier des Mohicans ». Son indemnité de maire s'élève à 1 820,96 euros brut par mois.



