Guillaume Garot : « La machine ne peut remplacer le débat »
Garot : « La machine ne peut remplacer le débat »

Guillaume Garot, député socialiste de la Mayenne, a défendu mardi le rôle irremplaçable du débat parlementaire face à ce qu'il considère comme une dérive technocratique. Interrogé sur les méthodes de prise de décision publique, l'ancien ministre délégué à l'Agroalimentaire a insisté sur la nécessité de préserver l'espace de discussion démocratique. « La machine ne peut remplacer le débat », a-t-il déclaré, en référence aux outils numériques et aux algorithmes qui tendent à se substituer aux discussions politiques.

Un plaidoyer pour la démocratie délibérative

Pour Guillaume Garot, la technologie ne doit pas être un substitut à la délibération collective. Il a souligné que les décisions politiques majeures, comme celles concernant le budget ou les réformes sociales, nécessitent un échange approfondi entre les élus et les citoyens. « Le Parlement est le lieu où se forgent les compromis nécessaires à la cohésion nationale », a-t-il ajouté, rappelant l'importance des débats contradictoires dans la construction des lois.

L'élu socialiste a également critiqué la tendance à recourir à des experts ou à des commissions techniques pour trancher des questions qui relèvent du politique. Selon lui, cette pratique affaiblit la légitimité des décisions et éloigne les citoyens de la vie démocratique. « La démocratie ne se délègue pas à des machines, elle se vit dans le débat », a-t-il insisté.

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Un appel à renforcer le rôle du Parlement

Guillaume Garot a profité de cette prise de parole pour appeler à un renforcement des prérogatives du Parlement, notamment en matière de contrôle de l'action gouvernementale. Il a plaidé pour une meilleure association des parlementaires à l'élaboration des politiques publiques, en amont des décisions. « Il faut que le Parlement soit un véritable contre-pouvoir, capable d'influer sur les orientations du gouvernement », a-t-il affirmé.

L'ancien ministre a également évoqué la nécessité de moderniser les méthodes de travail des assemblées, sans pour autant céder à la tentation de la digitalisation à outrance. Il a proposé d'expérimenter de nouvelles formes de débat, comme des consultations citoyennes encadrées, afin de rapprocher les citoyens de leurs représentants. « La démocratie représentative doit s'enrichir de la participation citoyenne, mais sans jamais s'y substituer », a-t-il conclu.

Une position qui divise au sein de la majorité

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions politiques autour de l'usage des nouvelles technologies dans la gouvernance. Certains membres de la majorité présidentielle voient dans les outils numériques un moyen d'accélérer les réformes et de réduire les coûts de la décision publique. Mais pour Guillaume Garot, cette approche est dangereuse : « La démocratie est un processus lent, car elle doit intégrer la pluralité des opinions. C'est sa force, pas sa faiblesse. »

Le député de la Mayenne a annoncé qu'il déposerait prochainement une proposition de loi visant à encadrer l'usage des algorithmes dans les administrations publiques. Ce texte, s'il était adopté, imposerait une évaluation parlementaire préalable pour toute décision automatisée ayant un impact sur les droits des citoyens. Une initiative qui pourrait relancer le débat sur la place de la technologie dans la sphère politique française.

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