David Lisnard : « Mon problème, c'est que je ne suis pas assez connu »
David Lisnard : « Je ne suis pas assez connu »

« Mon problème, c'est que je ne suis pas assez connu », a lancé David Lisnard, maire Les Républicains (LR) de Cannes, dans un entretien accordé au Point. Cette confession, loin d'être un aveu de faiblesse, traduit une ambition claire : celle de ne plus jouer les figurants dans le paysage politique français. À un an de l'élection présidentielle de 2027, l'élu azuréen entend s'imposer comme une alternative crédible, en se démarquant nettement de la ligne défendue par le Rassemblement national (RN).

Une droite républicaine face à la droitisation du RN

David Lisnard ne mâche pas ses mots à l'égard du RN. Selon lui, « le RN a fait une OPA sur la droite » et « il y a une droitisation du RN » qui le rend, à ses yeux, « moins républicain ». Cette position tranchée vise à redessiner les contours d'une droite républicaine, sociale et libérale, qu'il appelle de ses vœux. Pour le maire de Cannes, il s'agit de « réconcilier la droite avec la République » et de « rendre la parole au peuple ».

Cette prise de position intervient dans un contexte où la droite traditionnelle cherche sa voie entre opposition frontale au macronisme et concurrence directe avec l'extrême droite. Lisnard, qui se présente comme un élu de terrain, entend incarner une « droite décomplexée » mais fermement ancrée dans les valeurs républicaines.

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Une ambition présidentielle assumée

L'édile de la Croisette ne cache pas ses intentions. Il affirme vouloir « être candidat à la présidentielle » et « gagner » cette élection. Pour y parvenir, il compte sur sa « méthode » : un dialogue constant avec les Français, qu'il dit pratiquer « depuis des années » à travers ses déplacements et ses prises de position sur les réseaux sociaux.

Interrogé sur sa notoriété, il reconnaît un déficit de visibilité, mais le relativise : « Je ne suis pas un homme de réseaux parisiens, je suis un élu local ». Cette image d'élu de proximité, loin des appareils, constitue selon lui un atout dans une France en quête de sincérité politique.

Des propositions concrètes pour la France

David Lisnard en profite pour détailler quelques axes forts de son projet. Il défend une « baisse massive des impôts » et une « simplification administrative » pour libérer l'économie. Sur le plan social, il prône un « État qui protège » mais qui « ne fait pas à la place des gens ». Il critique également la « bureaucratie » qui, selon lui, « étouffe les territoires ».

Ces propositions, bien que classiques pour une partie de la droite, sont présentées comme une rupture avec le « monde d'avant ». Lisnard insiste sur la nécessité de « rendre le pouvoir aux maires » et de « décentraliser » pour rapprocher les décisions des citoyens.

Un calendrier politique chargé

À un an du scrutin présidentiel, le maire de Cannes compte bien profiter de chaque échéance pour se faire connaître. Il évoque notamment les échéances municipales de 2026, où il briguera un nouveau mandat, comme une étape clé de sa stratégie. « Je vais continuer à faire mon travail de maire », assure-t-il, tout en multipliant les déplacements dans l'Hexagone.

Cette double casquette – édile et candidat déclaré – pourrait toutefois susciter des critiques, notamment sur sa disponibilité. Mais Lisnard balaie ces réserves : « Je suis maire de Cannes et je serai candidat. Les deux sont compatibles. »

Une droite en recomposition

Dans ce paysage politique fragmenté, David Lisnard pourrait incarner une synthèse entre la droite républicaine classique et une sensibilité plus sociale, héritée de son parcours d'élu local. Il affirme vouloir « rassembler au-delà des clivages » et « reconstruire une espérance » pour la droite française.

Son positionnement, à rebours du RN et de la majorité présidentielle, le place en outsider. Mais il assume cette place : « Je ne suis pas là pour faire de la figuration. » Une déclaration qui résonne comme un avertissement pour ses concurrents, à droite comme au centre.

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Une stratégie de notoriété

Pour combler son déficit de notoriété, David Lisnard mise sur une présence médiatique accrue et un discours direct, sans langue de bois. Il compte aussi sur le bouche-à-oreille de ses concitoyens, qu'il rencontre régulièrement lors de ses « marches citoyennes » dans les quartiers de Cannes.

Cette stratégie, qui privilégie le terrain aux salons parisiens, pourrait payer dans une élection où les Français aspirent à plus de proximité avec leurs dirigeants. Lisnard en est convaincu : « La France a besoin de vérité et de courage. »

En attendant, l'édile continue de sillonner le pays, fort d'un bilan local qu'il juge « exemplaire ». Son objectif est clair : faire mentir ceux qui le considèrent comme un éternel second couteau. À un an de l'échéance, David Lisnard veut croire que les Français sauront le reconnaître. « Je suis prêt », conclut-il, déterminé à écrire une nouvelle page de la droite française.