Rachida Dati face à la commission d'enquête sur la sécurité du Louvre
La ministre de la Culture, Rachida Dati, en instance de départ du gouvernement et candidate aux élections municipales à Paris, passe sur le gril ce lundi à l'Assemblée nationale. Elle doit s'expliquer devant la commission d'enquête parlementaire sur sa gestion de la crise qui frappe le musée du Louvre depuis le cambriolage du 19 octobre, un vol de joyaux de la Couronne française qui a provoqué une onde de choc mondiale.
Une tutelle ministérielle mise en cause
Après avoir mené près de 70 auditions, la commission a convoqué la ministre, qui exerce la tutelle sur le Louvre et a refusé la démission de sa présidente Laurence des Cars au lendemain du vol. Le président de la commission, le député LR Alexandre Portier, a vivement critiqué l'insuffisance du contrôle des pouvoirs publics sur un musée devenu, selon ses termes, un « État dans l'État ». Il a affirmé avec insistance que « la tutelle, le ministère de la Culture, doit reprendre la main sur la gestion de l'établissement », soulignant l'urgence d'instaurer « un contrôle et un pilotage forts » sur l'institution, qui reçoit chaque année environ 100 millions d'euros d'argent public.
Des promesses non tenues et une mission au point mort
Suite au cambriolage, Rachida Dati avait lancé une enquête administrative et contraint le Louvre à prendre des mesures d'urgence pour renforcer sa sécurité. Mi-janvier, elle avait également promis des « décisions conséquentes » sur le dossier, mais celles-ci sont restées sans suite à ce jour. De plus, la mission qu'elle avait annoncée pour réorganiser le musée, confiée au haut fonctionnaire Philippe Jost, n'a jamais débuté alors qu'elle devait rendre ses conclusions fin février. Alexandre Portier a indiqué que l'avenir de cette mission « fait partie des points que l'on aura l'occasion d'évoquer » lors de l'audition.
Le Louvre en pleine tourmente
Le cambriolage d'octobre a ouvert une période de crise profonde au Louvre, marquée par plusieurs perturbations. Depuis mi-décembre, l'accès au musée a été plusieurs fois perturbé par un conflit social mené par les personnels pour de meilleures conditions de travail. Par ailleurs, le Louvre a dû fermer une de ses galeries en raison de fragilités dans l'édifice et a été victime d'une fraude à la billetterie évaluée à plus de 10 millions d'euros. Une opération policière menée contre ce réseau le 10 février a abouti à la mise en examen de neuf suspects.
Un départ ministériel imminent
Concernant le départ de Rachida Dati du gouvernement, la ministre a promis de quitter son ministère avant le premier tour des municipales. Des sources concordantes au sein de l'exécutif indiquaient samedi que le remaniement n'était pas prévu avant le milieu de la semaine, laissant planer l'incertitude sur la date exacte de son retrait. Cette audition représente la première fois que Mme Dati, engagée dans une âpre bataille pour la mairie de Paris, s'explique directement devant une commission d'enquête sur ce vol retentissant et ses conséquences.



