La course aux financements s'intensifie pour les prétendants à l'Élysée 2027
Course aux financements pour l'Élysée 2027 : les stratégies des candidats

La course aux financements s'intensifie pour les prétendants à l'Élysée 2027

Ce 12 janvier, Raphaël Glucksmann interrompt précipitamment un déjeuner de presse, visiblement gêné de révéler la véritable nature du rendez-vous qui l'appelle : une rencontre avec six importants donateurs. L'eurodéputé s'excuse platement : « Je suis désolé, mais je vais en avoir besoin... » Avant d'ajouter, avec un air malicieux : « Même si c'est vrai que, grâce au soutien du Parti socialiste, je suis plutôt tranquille ! » Une boutade qui en dit long sur les réticences de la vieille maison à la rose, dirigée par Olivier Faure, à adouber trop rapidement cet électron libre.

Le tour de chauffe financier des candidats

Le patron de Place publique multiplie donc les rencontres avec les patrons et les financeurs potentiels, agitant devant eux la corde patriotique et européenne pour remplir ses caisses. Son objectif : tenir financièrement au moins jusqu'à l'automne et un éventuel ralliement du PS à sa candidature. Une tâche ardue, car les donateurs gardent un œil rivé sur les sondages. Certains financiers hésiteraient encore à identifier le meilleur cheval entre Philippe, Attal ou Glucksmann, cherchant à éviter « à tout prix » le spectre d'un duel RN-LFI.

Depuis le 1er avril, les comptes de campagne des aspirants présidents sont officiellement ouverts. La séquence des municipales achevée, un invisible tour de chauffe a démarré : la récolte des dons. L'argent constitue le véritable nerf de la guerre électorale, une primaire du carnet de chèques qui départagera les candidats capables de se lancer dans la course.

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Les stratégies financières des favoris

Gabriel Attal possède un avantage considérable, assis sur un magot de 41 millions d'euros au bilan comptable 2024, accumulé par le parti présidentiel grâce aux aides publiques. « C'est plus compliqué de partir de zéro. Il l'a fait notamment pour les sous », confesse un fidèle. Attal a même vendu le fastueux siège de la rue du Rocher pour 31,4 millions d'euros, récupérant 20 millions en trésorerie, tout en levant des fonds à l'étranger, notamment à Londres début 2026.

Édouard Philippe, favori sur l'arc central, peut quant à lui dormir tranquille avec des sondages flatteurs qui rassurent les banques. « On a de quoi financer une campagne présidentielle et Édouard pourra faire un emprunt », assure son premier cercle. Cependant, l'ancien Premier ministre s'inquiète de la facture des futurs ralliements, les dépenses de campagne étant strictement plafonnées.

Les partis historiques face à leurs défis

Le Parti socialiste, bien qu'endetté de près de 8 millions d'euros, dispose d'actifs précieux, notamment son ancien siège d'Ivry-sur-Seine et une dotation publique repartie à la hausse. « Olivier Faure a la clé du coffre-fort ! » s'amuse un ancien ministre. « Nous sommes davantage prêts qu'en 2022. Nous sommes sortis de la gestion de pénurie », revendique la trésorière Corinne Narassiguin.

Chez Les Républicains, Bruno Retailleau a déjà levé une coquette somme, multipliant les dîners de levées de fonds à un rythme soutenu. Le parti a préparé l'avenir avec son pool bancaire et obtenu un lissage de sa dette de 8,35 millions d'euros.

Les ombres du financement pour RN et LFI

Le Rassemblement national est hanté par le spectre du financement, source passée de nombreux démêlés judiciaires. Le parti n'est jamais parvenu à obtenir un emprunt auprès d'une banque française pour une présidentielle, le contraignant à s'endetter à l'étranger. Endetté à hauteur de 25 millions avant la dernière élection, il a réduit son passif à 9 millions et vise le zéro avant 2027.

La France insoumise peut désormais se targuer d'une aide publique bien plus importante qu'en 2022 : 6,7 millions d'euros en 2025 contre 4,3 millions. Le mouvement assure que le budget de la prochaine campagne « ne devrait pas dépasser le montant de la présidentielle 2022 », tout en reconnaissant le talent de Jean-Luc Mélenchon pour mobiliser la générosité bancaire et militante.

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Cette course aux financements révèle les fractures et les alliances en gestation, où chaque euro collecté pourrait faire la différence sur la ligne de départ de la présidentielle 2027.