Un scrutin sous haute tension
Ce vendredi 5 juin 2026, les conseils municipaux des Alpes-Maritimes désignent leurs grands électeurs en vue des élections sénatoriales du 27 septembre. Cinq sièges sont en jeu, actuellement détenus par Dominique Estrosi-Sassone (LR), Alexandra Borchio-Fontimp (LR), Henri Leroy (UDR, ex-LR), Patricia Demas (LR) et Sandra Paire (ex-LR). Cette dernière a succédé à Jean-Marc Délia (DVD), devenu maire de Saint-Vallier-de-Thiey, lui-même remplaçant Philippe Tabarot, nommé ministre des Transports.
Un rapport de force bouleversé
En 2020, la liste de Dominique Estrosi-Sassone avait recueilli 69,53 % des suffrages, contre seulement 7,43 % pour celle de Philippe Vardon (RN). Six ans plus tard, la donne a changé. La progression continue du Rassemblement national, couplée au ralliement d'Éric Ciotti et à ses succès électoraux récents, pourrait profondément modifier les équilibres établis. L'UDR et le RN, s'ils font liste commune, pourraient viser deux sièges.
Les candidats en lice
Dominique Estrosi-Sassone a annoncé sa candidature dès septembre 2025, souhaitant faire équipe avec Philippe Tabarot. Alexandra Borchio-Fontimp et Patricia Demas briguent également un second mandat. Henri Leroy, proche d'Éric Ciotti, se dit prêt à le suivre, mais en troisième position. À gauche, une liste d'union pourrait être menée par Francis Tujague, maire de Contes.
Le poids des grands électeurs
Dans les Alpes-Maritimes, le collège électoral comptait 2 043 inscrits en 2020. Il rassemble parlementaires, conseillers régionaux, départementaux et municipaux. Dans les communes de plus de 30 000 habitants, s'ajoutent des délégués sénatoriaux, souvent choisis parmi des personnalités proches de la majorité municipale. Nice, à elle seule, représente entre 450 et 500 grands électeurs, dont 69 conseillers municipaux et près de 400 délégués supplémentaires. Le basculement de la ville dans le giron de l'UDR est un enjeu majeur.
Les calculs des partis
Chez LR, on estime qu'il faut 550 à 600 voix pour obtenir un deuxième sénateur. L'alliance UDR-RN, en agrégeant les voix de Nice, Cagnes-sur-Mer et Menton (environ 100 voix), pourrait prétendre à deux sièges. « C'est Éric Ciotti qui détient la clé du scrutin », confient plusieurs élus. Le vote des maires de la Métropole Nice Côte d'Azur, présidée par Ciotti, reste une inconnue. Hors Nice, cela représente environ un millier de voix. Un élu UDR note : « Lorsque vous êtes maire d'une commune de la Métropole, vous allez voter pour celui qui attribue les dotations. » Chez LR, on espère que la liste UDR-RN rebutera certains maires de la droite traditionnelle.
Des répercussions nationales
Au-delà du local, le scrutin pourrait permettre au RN de constituer un groupe au Sénat, ce qui serait une première. Actuellement, l'extrême droite ne compte que trois sénateurs, sans compter Stéphane Ravier (ex-RN). L'élection de six nouveaux sénateurs suffirait. Henri Leroy envisage même qu'un groupe UDR attire des sénateurs LR mécontents de la ligne de Bruno Retailleau.



