François Bayrou, président du MoDem, a lancé un appel en faveur de l'organisation d'une grande primaire pour la présidentielle de 2027, réunissant tous les partis politiques qui rejettent les extrêmes. Cette initiative, révélée par Libération le 10 août 2026, vise à éviter une nouvelle confrontation entre les blocs extrêmes et à rassembler une majorité républicaine autour d'un projet commun.
Une proposition pour sortir de la polarisation
Dans un entretien accordé à nos confrères, François Bayrou a souligné la nécessité de dépasser les clivages traditionnels face à la montée des extrêmes. Selon lui, la primaire permettrait de désigner un candidat unique capable de fédérer les forces politiques modérées, de la droite républicaine à la gauche sociale-démocrate, en passant par le centre. "Il faut que tous ceux qui rejettent les extrêmes se rassemblent, sinon nous allons droit dans le mur", a-t-il déclaré.
Cette proposition intervient alors que les sondages pour 2027 montrent une fragmentation du paysage politique, avec une possible qualification au second tour de candidats issus des extrêmes. Bayrou estime qu'une primaire ouverte permettrait de mobiliser les électeurs au-delà des appareils partisans et de proposer une alternative crédible.
Un appel à la responsabilité collective
Le leader centriste a insisté sur l'urgence d'agir dès maintenant, afin de laisser le temps aux différentes formations politiques de s'organiser. Il a également évoqué la nécessité d'un projet de société fondé sur des valeurs de justice, de solidarité et de respect des institutions. "Nous devons offrir aux Français une perspective qui ne soit ni la peur, ni la haine, mais l'espérance d'un avenir commun", a-t-il ajouté.
Cette initiative n'est pas sans rappeler la primaire de la droite et du centre de 2016, qui avait vu la victoire de François Fillon. Cependant, Bayrou souhaite élargir le spectre en incluant toutes les forces républicaines, y compris des personnalités de la société civile. Il a d'ailleurs appelé à un débat public sur les modalités de cette primaire, qui pourrait être organisée sous l'égide d'une commission indépendante.
Des réactions contrastées dans la classe politique
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Certains responsables politiques, notamment à gauche, ont accueilli favorablement cette idée, y voyant une opportunité de construire une alternative au macronisme et à l'extrême droite. D'autres, à droite, se montrent plus réservés, craignant une dilution de leur identité politique. Le Rassemblement national a dénoncé une "manœuvre politicienne" visant à écarter les électeurs de leurs choix légitimes.
François Bayrou a toutefois précisé que cette primaire ne serait pas une simple alliance électorale, mais une véritable démarche de co-construction d'un projet présidentiel. Il a également insisté sur le fait que les candidatures seraient ouvertes à tous ceux qui partagent les valeurs républicaines, sans exclusive.
Un calendrier à définir
Si l'idée fait son chemin, reste à en définir les modalités pratiques. Bayrou propose que la primaire se tienne au printemps 2027, avant le premier tour de l'élection présidentielle. Il suggère également que les électeurs inscrits sur les listes électorales puissent y participer, moyennant une adhésion symbolique aux valeurs de la République.
Cette proposition intervient dans un contexte politique tendu, marqué par une défiance croissante envers les élites et une montée de l'abstention. Selon un récent sondage, plus de 60% des Français se disent favorables à une primaire regroupant les forces modérées. Un chiffre qui pourrait convaincre les partis politiques de s'engager dans cette voie.
Un pari risqué mais nécessaire
Pour François Bayrou, ce pari est risqué mais nécessaire pour sauver la démocratie française. Il a rappelé que les extrêmes n'ont jamais apporté que des solutions simplistes à des problèmes complexes, et que la France a besoin d'un projet sérieux et ambitieux. "Nous devons montrer que la politique peut être autre chose qu'un affrontement stérile", a-t-il conclu.
En attendant, la balle est dans le camp des partis politiques, qui devront se positionner rapidement. Si certains y voient une opportunité, d'autres pourraient y voir une menace pour leurs ambitions personnelles. Une chose est sûre : la proposition de François Bayrou relance le débat sur la manière de construire une majorité présidentielle en France.



