Bardella à Perpignan : un appel solennel à la gauche modérée pour rompre avec LFI avant les municipales
Bardella appelle la gauche modérée à rompre avec LFI avant les municipales

Un discours enflammé dans la capitale catalane

À Perpignan, laboratoire du frontisme municipal, Jordan Bardella a lancé samedi un appel pressant à la gauche dite modérée. Le président du Rassemblement national a exigé une rupture définitive avec La France Insoumise, à deux semaines seulement des élections municipales. Ce discours intervient alors que Jean-Luc Mélenchon doit se rendre dimanche dans la même ville pour une contre-manifestation baptisée « riposte antifasciste ».

Une charge violente contre Mélenchon et LFI

Devant ses supporters rassemblés, Bardella a dénoncé avec virulence le leader insoumis. « Monsieur Mélenchon, lorsque vous affirmez que vous ne renierez pas vos amis et camarades de la Jeune garde, en dépit du meurtre commis par des membres présumés de ce groupe, lorsque vos députés encensent le mouvement terroriste du Hamas, lorsque vous injuriez nos policiers et nos gendarmes, lorsque vous appelez à l'insurrection, vous n'êtes pas la République : vous en êtes la honte », a-t-il lancé.

Le président du RN a particulièrement insisté sur l'affaire du meurtre de Quentin Deranque, militant d'extrême droite radicale, pour laquelle des membres du mouvement antifasciste de la Jeune garde sont mis en examen. Bardella a accusé Mélenchon de créer « un climat de violence méthodiquement construit et installé dans le pays ».

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Un appel solennel à la rupture des alliances

« J'appelle la gauche dite modérée, si elle existe encore dans notre pays, à rompre définitivement avec LFI, à refuser toute alliance de second tour qui serait pour eux et pour toute la classe politique la marque du déshonneur », a déclaré Bardella avec solennité. Ce message vise particulièrement le Parti socialiste, qui tout en prenant ses distances avec les Insoumis face aux polémiques récurrentes, n'écarte pas totalement des accords « au cas par cas » pour le scrutin à venir.

Dans un discours prononcé en partie dans l'obscurité après une coupure d'électricité, Bardella a voulu marquer le contraste avec son entreprise de dédiabolisation. « Je le redis aujourd'hui devant vous très solennellement : la violence n'a pas sa place dans la République […] et avec nous, vous pouvez en être persuadé, elle ne l'aura jamais », a-t-il promis.

Un meeting perturbé et des soupçons

La coupure de courant a transformé la fin du meeting. Faute d'électricité et de musique, la manifestation s'est achevée par une Marseillaise chantée a capella par le public. Louis Aliot, maire RN de Perpignan, a expliqué plus tard à des journalistes qu'« un relais a été détérioré volontairement » et qu'il soupçonnait « peut-être pas la CGT mais […] cette mouvance d'extrême gauche ».

Perpignan, vitrine et symbole du RN

Perpignan, conquise en 2020 par Louis Aliot, représente bien plus qu'une simple victoire municipale pour le Rassemblement national. La ville doit servir de poste avancé dans la conquête du pouvoir en 2027, permettant d'effacer le souvenir des expériences catastrophiques après les conquêtes éphémères de Toulon, Vitrolles ou Marignane en 1995.

Jordan Bardella a érigé la capitale catalane en « symbole d'un sursaut ». De son côté, Louis Aliot a plaidé pour un second mandat d'affirmation : « Le premier mandat était celui du redressement. Le prochain devra être celui de l'affirmation et du développement pour tous ».

Des incertitudes judiciaires persistantes

Le sort d'Aliot reste cependant suspendu à la décision de la cour d'appel de Paris le 7 juillet. S'il était condamné dans l'affaire des assistants des eurodéputés du FN, il pourrait être contraint à démissionner même en cas de réélection. Cette incertitude judiciaire frappe également Marine Le Pen, qui était en déplacement samedi dans le Var.

Dans ce département phare pour le RN qui y présente 25 listes, l'ancienne candidate présidentielle a exhorté ses partisans à se mobiliser : « Devenez des agents recruteurs pour qu'enfin chacun puisse décider de son avenir et voter lors des municipales ! »

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La contre-offensive insoumise

Face à cette offensive du RN, les Insoumis préparent leur réplique. Dimanche, Jean-Luc Mélenchon doit se rendre à Perpignan au palais des congrès pour un meeting de soutien au candidat Mickaël Idrac. LFI veut en faire une « riposte antifasciste » après avoir réuni 2 000 personnes à Lyon jeudi.

Ce rassemblement lyonnais a cependant accouché d'une nouvelle polémique pour Mélenchon, accusé d'antisémitisme après avoir ironisé sur la prononciation du nom du délinquant sexuel américain Jeffrey Epstein.

Une présence massive des cadres LFI

De nombreux cadres de La France Insoumise sont attendus à Perpignan :

  • Manuel Bompard
  • Clémence Guetté
  • Paul Vannier

Sous le feu des critiques, particulièrement ulcérés par la validation par le Conseil d'État de leur classement à « l'extrême gauche » pour les municipales, les Insoumis contre-attaquent. Ils dénoncent « une clique d'irresponsables qui tente de criminaliser l'antifascisme ».

Toulon dans le viseur du RN

De l'autre côté du bassin méditerranéen, le RN nourrit de grandes ambitions. Le parti rêve notamment de faire basculer Toulon, où la députée Laure Lavalette est donnée favorite. Cette conquête symbolique représenterait une étape majeure dans la stratégie de normalisation et d'implantation territoriale du Rassemblement national.

Alors que les tensions montent à l'approche des municipales, Perpignan cristallise les oppositions entre les deux forces politiques. La ville catalane devient le théâtre d'une bataille rhétorique et symbolique dont l'issue pourrait influencer bien au-delà de ses frontières.