Après le vote de confiance : budget, dissolution, les scénarios pour la France
Après le vote de confiance : budget, dissolution, scénarios

Un gouvernement en sursis

Ce lundi 8 septembre, François Bayrou soumet son gouvernement au vote de confiance de l'Assemblée nationale. En cas d'échec, il devient immédiatement Premier ministre des affaires courantes, dès la proclamation des résultats par le président de séance. La France peut alors rester sans Premier ministre, sans limite de temps, mais une échéance cruciale se profile : le budget doit être déposé avant le 7 octobre. Cette date a été fixée pour laisser le temps aux parlementaires d'examiner le texte, et au gouvernement de recourir aux ordonnances en cas de blocage. Le Conseil constitutionnel peut toutefois repousser ce délai pour des raisons d'intérêt général.

Les défis budgétaires

Quel que soit le successeur de François Bayrou, adopter un budget s'annonce extrêmement difficile. Si aucun budget n'est voté d'ici le 31 décembre, des lois spéciales permettront de payer les fonctionnaires et de reconduire les dépenses de fonctionnement, mais sans dépenses exceptionnelles, ni recrutements ni marchés publics. L'année dernière, ce régime a duré jusqu'en février. Ce n'est pas une catastrophe, mais plus ce système perdure, plus il fragilise le tissu économique dans un contexte déjà tendu.

Les pistes pour Matignon

Plusieurs noms circulent pour succéder à François Bayrou. Christophe Barbier, éditorialiste à BFMTV, estime qu'après un Premier ministre de droite et un centriste, un Premier ministre de centre gauche pourrait être accepté par le PS et respecté par LR. Bernard Cazeneuve est une option évidente, mais sa candidature potentielle pour 2027 pourrait le récuser. Lionel Jospin est trop âgé, Jean-Louis Borloo trop fantasque, Jean-Yves Le Drian a le bon profil. D'autres noms comme Olivier Faure, Pierre Moscovici ou Éric Lombard sont évoqués. Cependant, un socialiste à Matignon diviserait la gauche ou l'exposerait à des compromis budgétaires risqués. Un Premier ministre de centre gauche issu d'une autre formation limiterait les risques de division. Pour obtenir le soutien du PS, il faut lui offrir des gains politiques tangibles, notamment en vue des municipales.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Emmanuel Macron peut aussi se tourner vers la droite et le centre-droit (Sébastien Lecornu, Catherine Vautrin, Gérald Darmanin, Bruno Retailleau) ou la société civile. Mais le profil ne doit pas être trop « allergisant » pour la gauche : Bruno Retailleau ou Gérald Darmanin, notamment pour la loi immigration, semblent difficiles à accepter. La participation de LR reste incertaine. Si le gouvernement ne repose que sur la tolérance fragile du PS et un LR en retrait, sa précarité sera accrue. Une coalition en bonne et due forme semble peu réaliste. Un gouvernement technique, avec des profils comme Pierre Moscovici ou Thierry Breton, est envisageable, mais le plus plausible reste un pacte de non-censure.

Une nouvelle dissolution ?

Si le gouvernement tombe le 8 septembre et qu'un autre chute sur le budget, l'ingouvernabilité pourrait conduire à deux options : la dissolution ou la démission du chef de l'État. Emmanuel Macron devrait d'abord tenter la dissolution. Le RN pousse dans ce sens, espérant gagner des députés et faire sauter l'inéligibilité de Marine Le Pen via une QPC. Le seul partenaire potentiel pour faire passer un budget est le PS, mais les socialistes pourraient préférer une opposition dure pour les municipales. Selon un sondage Elabe/La Tribune, le PS pourrait gagner des députés et passer devant LFI en cas de législatives. Ainsi, le PS et le RN ont moins peur d'une dissolution. En cas de dissolution, deux scénarios : majorité absolue pour le RN ou absence de majorité avec plus d'élus RN, rendant le pays ingouvernable. Alors se poserait la question de la démission du président.

La démission d'Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron écarte cette hypothèse, mais pourrait-il être poussé à démissionner ? La destitution par LFI est impossible. Historiquement, deux moyens existent : la grève des budgets (sous la Restauration) et la grève des gouvernements (années 1920, pour faire démissionner Alexandre Millerand). Si après une dissolution, le RN et LFI obtenaient une majorité absolue, ils pourraient rejeter tous les budgets, plaçant Macron dans une situation intenable où la démission deviendrait la seule issue.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale