Zambie : Hichilema réélu, l'opposition conteste
Zambie : Hichilema réélu, l'opposition conteste

Le président zambien sortant, Hakainde Hichilema, a été réélu pour un second mandat, selon la commission électorale, qui a annoncé mardi sa victoire avec environ 60 % des voix. Ce résultat, largement attendu, intervient dans un climat politique inhabituellement tendu, marqué par des arrestations de figures de l'opposition et des accusations de fraudes.

Une victoire annoncée, mais des résultats partiels

La commission électorale a précisé que cinq des 226 circonscriptions doivent encore être dépouillées, mais sa présidente, Mwangala Zaloumis, a souligné que « les résultats manquants ne devraient pas influencer de manière significative le résultat global de cette élection ». Le principal concurrent de Hichilema, Brian Mundubile, est crédité de près de 38 % des voix. Ce dernier, ancien ministre du gouvernement d'Edgar Lungu (2015-2021), a dénoncé lundi des irrégularités dans le dépouillement, affirmant sans fournir de preuves que les documents recensant les résultats avaient été falsifiés.

« Nous sommes profondément touchés par la confiance que vous nous avez accordée », a déclaré Hichilema, connu sous le surnom de « HH ». Des centaines de ses partisans, vêtus de rouge, la couleur de son parti l'UPND, ont célébré sa victoire dans les rues de Lusaka, la capitale, en chantant, dansant et allumant des pétards.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des arrestations et des accusations croisées

La tension est montée d'un cran avec l'arrestation la semaine passée de 11 personnes, dont six figures de l'opposition, selon une annonce faite tard dimanche par le gouvernement. Ce dernier affirme que ce coup de filet, mené le jeudi des élections présidentielles et législatives, visait une milice présumée. Le parti d'opposition NRPUP de Brian Mundubile, cependant, date l'opération à vendredi et « rejette catégoriquement ces accusations. Le NRPUP n'a pas de milice », a balayé lundi la formation. Selon elle, un parlementaire a été blessé par balles lors du raid.

Les autorités zambiennes ont souligné que Brian Mundubile « se trouvait sur les lieux » de la descente de police, et pour cause : il s'agissait de son domicile, selon son camp. Vendredi matin, au lendemain du scrutin, l'ancien ministre avait revendiqué la victoire électorale sans fournir d'explication. Dans la foulée, la commission électorale avait suspendu le dépouillement pour plusieurs heures en raison de « violences ». Les observateurs du scrutin, dont l'Union européenne, se sont inquiétés de cette suspension ainsi que de restrictions imposées à l'opposition pendant la campagne.

Une tradition de paix électorale mise à l'épreuve

La Zambie, deuxième producteur africain de cuivre et huitième mondial, a pourtant une longue tradition de transferts pacifiques du pouvoir par les urnes : depuis le retour au multipartisme en 1991, tous les changements de président ont eu lieu à l'issue d'élections. Ce scrutin du 13 août, marqué par des différends durant la campagne et des arrestations, rompt avec cette stabilité réputée. Les prochaines semaines seront décisives pour voir si les contestations de l'opposition trouveront un écho et si le pays maintiendra sa réputation de démocratie stable en Afrique australe.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale