Donald Trump a révoqué les trois commissaires de la Commission électorale fédérale (FEC), une agence indépendante chargée de faire respecter les lois sur le financement des campagnes électorales. Cette décision, annoncée jeudi 10 juillet, intervient à six mois des élections de mi-mandat de novembre 2026.
Une décision sans précédent
Selon un décret présidentiel publié par la Maison-Blanche, les trois commissaires, dont la présidente démocrate Shana Broussard, ont été démis de leurs fonctions avec effet immédiat. Leur mandat, qui devait expirer en 2027 pour certains, a été interrompu sans motif officiel détaillé. « Le président a le pouvoir de révoquer les commissaires de la FEC, mais cela n'a jamais été fait depuis la création de l'agence en 1975 », a déclaré un expert juridique cité par le New York Times.
La FEC est composée de six commissaires, dont trois démocrates et trois républicains, nommés par le président et confirmés par le Sénat. En limogeant trois commissaires, Trump réduit l'agence à trois membres, ce qui pourrait paralyser ses décisions, car un quorum de quatre membres est nécessaire pour voter des sanctions ou des amendes.
Réactions politiques
Les démocrates ont immédiatement condamné cette décision. « C'est une attaque flagrante contre l'intégrité de nos élections. Trump veut affaiblir la FEC pour permettre des financements de campagne opaques », a tweeté la chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer. De son côté, la Maison-Blanche a justifié la mesure en affirmant que la FEC « n'a pas rempli son mandat de manière efficace ».
Le Parti républicain, majoritaire au Congrès, n'a pas officiellement commenté, mais plusieurs élus proches de Trump ont salué la décision, estimant que l'agence était « trop bureaucratique ».
Impact sur les élections de mi-mandat
Les élections de mi-mandat de novembre 2026 verront le renouvellement de l'ensemble de la Chambre des représentants et d'un tiers du Sénat. Sans une FEC pleinement opérationnelle, les règles sur le financement des campagnes pourraient être moins strictement appliquées. Selon un rapport du Brennan Center for Justice, les dépenses de campagne pourraient atteindre 7 milliards de dollars, un record.
Des experts redoutent une augmentation des dépenses non déclarées et des super PACs. « La FEC est déjà affaiblie par des blocages partisans. Sans quorum, elle deviendra totalement inefficace », a prévenu un professeur de droit électoral.
Précédents et légalité
La révocation des commissaires de la FEC est sans précédent. La loi fédérale prévoit que les commissaires ne peuvent être révoqués que pour « inefficacité, négligence ou mauvaise conduite ». Les démocrates ont annoncé qu'ils contesteraient la décision en justice. « Nous allons déposer une plainte dès lundi », a déclaré un avocat de l'ACLU.
La Cour suprême, à majorité conservatrice, pourrait être amenée à se prononcer. En 2020, elle avait jugé que le président pouvait révoquer le directeur du Bureau de protection financière des consommateurs sans motif, mais le statut de la FEC est différent.



