Une décision conservatrice aux lourdes conséquences
Aux États-Unis, la Cour suprême a une fois de plus fait parler d'elle en invalidant, mercredi 29 avril, la carte électorale de l'État de Louisiane. Cette décision, prise par six voix contre trois, a des implications majeures pour la représentation politique des minorités. La majorité conservatrice de la Cour a estimé que le Voting Rights Act n'obligeait pas l'État à créer une seconde circonscription à majorité afro-américaine.
Ce jugement intervient dans un contexte de tensions entre démocrates et républicains sur le redécoupage électoral, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre. Il constitue un revers significatif pour les démocrates, tandis que le camp républicain, souvent associé à Donald Trump, pourrait en tirer profit à plus long terme.
Une interprétation contestée de la loi
Dans son arrêt, le juge Samuel Alito a conclu que la carte litigieuse était un découpage inconstitutionnel. Il a précisé que la section 2 du Voting Rights Act avait été rédigée pour faire respecter la Constitution, non pour entrer en conflit avec elle, critiquant ainsi l'interprétation des juridictions inférieures.
À l'opposé, la juge Elena Kagan a estimé que cette décision ferait reculer le droit fondamental à l'égalité raciale dans les élections. Elle a averti que cette interprétation rendrait la loi lettre morte, avec des conséquences probablement profondes et graves.
Un affront pour les démocrates
Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a dénoncé un coup terrible porté à cette législation historique, qu'il a décrite comme une loi écrite dans le sang, la sueur et le sacrifice d'Américains qui ont marché, combattu et sont morts pour le droit de vote. Cette affaire s'inscrit dans le débat sur le gerrymandering, cette pratique consistant à redessiner les circonscriptions pour influencer les résultats électoraux.
En Louisiane, où environ un tiers de la population est noire, la création d'une seconde circonscription majoritairement afro-américaine avait été contestée par des électeurs blancs, qui jugeaient ce découpage discriminatoire. Leur recours, validé par un tribunal puis confirmé par la Cour suprême, a suscité l'inquiétude de défenseurs des droits civiques comme Janai Nelson, qui évoquait des conséquences catastrophiques. L'État défendait pour sa part le principe selon lequel le gouvernement n'a pas à dire aux citoyens dans quelle circonscription ils peuvent vivre ni comment voter.



