Sarlat : la consécration d'une campagne de terrain pour Basile Fanier
Au lendemain du premier tour des élections municipales à Sarlat en Dordogne, Basile Fanier a repris ce lundi 16 mars ses habitudes bien ancrées : le contact direct avec les habitants et les agents municipaux. Entre les ruelles de la cité historique et sa permanence de campagne, les pauses sont nombreuses - une bise par-ci, une poignée de main par-là - témoignant d'un sens de la proximité maintes fois éprouvé.
Un triplement des voix depuis 2020
Le résultat du scrutin est sans appel : Basile Fanier a presque triplé son nombre de voix par rapport à 2020, passant de 878 suffrages à 2 236. Une performance qui le place en ballottage très favorable et en passe de devenir le nouveau maire de Sarlat. Il écrase une gauche profondément divisée, incapable de présenter un front uni face à sa dynamique.
« Bonjour M. le Maire », lui lance-t-on parfois dans les rues. « Attendez, il y a un second tour », répond-il prudemment, tout en poursuivant son travail de terrain avec la même assiduité que ces dernières années.
La méthode Fanier : proximité et disponibilité
Rencontrant un trio de jeunes qui réclament « des choses à faire pour la jeunesse », Basile Fanier donne spontanément son numéro de portable avec le tutoiement de rigueur : « Tu prends mes coordonnées et tu me rappelles début avril. En attendant, il faut réfléchir à des choses concrètes, le budget de la ville est un peu resserré. »
Celui qui affirme « n'avoir jamais compté [ses] heures » lors de ces rencontres impromptues ne montre aucun signe de relâche malgré son avance confortable. Au local de campagne de l'avenue Gambetta, il encourage les bénévoles qui se relaient, tout en gérant en direct la location du chapiteau du rugby pour une réunion publique prévue jeudi soir.
Les six piliers d'une campagne efficace
« Tractage, boîtage, porte-à-porte, réunions, visites d'entreprises, rencontres avec les associations » : tels sont les six piliers de la campagne de terrain de Basile Fanier. Une stratégie qui bénéficie du soutien de près de 150 bénévoles selon ses estimations.
Comment expliquer ce succès qui le place en tête dans les neuf bureaux de vote de la cité ? Jean-Jacques de Peretti, le maire sortant, a sa théorie : « Il a récupéré mes électeurs, cela se perçoit sur les bureaux où je faisais mes meilleurs scores. » Notons que lors de son élection au premier tour en 2014, Jean-Jacques de Peretti avait récolté un nombre de suffrages similaire avec 2 322 votes.
Une lecture qui dépasse le clivage gauche-droite
Basile Fanier rejette cette analyse : « C'est une erreur d'avoir une grille de lecture gauche-droite sur ce scrutin local », assure celui qui n'a jamais mis en avant son étiquette politique Les Républicains. Il estime rassembler à la fois des « chefs d'entreprise, des salariés, des personnes issues du monde associatif ».
De son côté, Luis Ferreyra, qui revendiquait une liste d'union de la gauche, a annoncé se maintenir pour le second tour. Il considère que « le scrutin témoigne d'une sanction sans appel de la gestion de M. de Peretti et de la majorité municipale conduite par Mme Lagoubie. Son choix macronien, de gauche et de droite, a été rejeté ».
La gauche face à ses divisions
La gauche devra pourtant s'interroger sur son unité ratée, symbolisée par la présence de François Coq, l'écologiste et ancienne tête de liste de la gauche sarladaise en 2020, aux côtés de Fabienne Lagoubie.
Successeure désignée par Jean-Jacques de Peretti, la conseillère départementale encartée à Place publique a-t-elle pâti d'une position intenable d'équilibriste ? « Je n'ai pas porté d'héritage », évacuait-elle dimanche soir, tout en critiquant « une autre façon de faire campagne » de Basile Fanier, sous-entendant une multiplication des promesses aux électeurs.
« Que cela soit prouvé ! Je n'ai jamais fait de promesse individuelle », rétorque immédiatement Basile Fanier.
Une analyse locale perspicace
Fin observateur de la politique locale, Jérôme Peyrat, maire de La Roque-Gageac, fut l'un des premiers à analyser le scrutin : « C'est la fin de la cogestion du Sarladais par le tandem Peretti/Peiro. »
Il reconnaît également le côté « professionnel » de la campagne de Basile Fanier, qui « ne reposait pas sur une alliance tactique de partis ». Cette analyse restera à confirmer lors de l'élection du président de la Communauté de communes, pour laquelle postule Benoît Secrestat, maire de Proissans et proche du président socialiste du Conseil départemental.
En attendant le second tour, Basile Fanier poursuit sa méthode éprouvée : rester au contact des Sarladais, convaincu que c'est cette proximité constante qui a fait la différence face à une opposition fragmentée.



