Pons : un duel municipal aux accents politiques contrastés
Le 15 mars prochain, au pied du donjon médiéval de Pons, les 4 500 habitants de cette commune charentaise seront appelés aux urnes pour un scrutin municipal qui oppose deux visions radicalement différentes de l'avenir de leur cité. D'un côté, Fabienne Dugas-Raveneau, 54 ans, première adjointe sortante, qui conduit une liste se revendiquant « apolitique ». De l'autre, Carine Laumont, 49 ans, qui mène une liste étiquetée « divers droite » tout en étant encartée au Rassemblement National.
Deux parcours, deux approches
Fabienne Dugas-Raveneau, dirigeante d'une entreprise spécialisée dans les outils numériques pour collectivités, insiste sur le positionnement dépassionné de son équipe. « Là où on est d'accord, c'est le refus des extrêmes », affirme-t-elle, précisant qu'elle n'a « plus d'engagement politique depuis longtemps » malgré avoir représenté le PS aux législatives de 2017. Candidate d'opposition en 2014, elle est devenue première adjointe de Jacky Botton de 2019 à 2026, et compte neuf membres de l'équipe sortante sur sa liste.
Carine Laumont, aide-soignante à Royan, vit quant à elle sa première expérience à la tête d'une liste municipale. Bien qu'encartée RN et ayant porté les couleurs de ce parti aux départementales de 2021, elle a choisi de ne pas prendre cette étiquette pour les municipales, ni le statut de « liste patriote » soutenu par l'extrême droite. Elle bénéficie cependant du regard favorable de l'ancien maire Daniel Laurent, qui affirme voter pour elle.
Un héritage politique tumultueux
La mairie de Pons a longtemps penché à droite, dirigée successivement par Fernand-Pierre Delapeyronnie (RPR) de 1983 à 1995, puis Daniel Laurent (RPR, UMP, LR) de 1995 à 2008 et 2014 à 2017. Après un intermède d'Henri Méjean et le bref passage de Jean-Luc Dibar, Jacky Botton a remporté une élection partielle en 2019 en s'associant à Fabienne Dugas-Raveneau, succès confirmé en 2020. Aujourd'hui, Botton se concentre sur son mandat départemental et occupe la 10e position sur la liste de sa première adjointe.
Deux diagnostics opposés pour Pons
Le constat dressé par les deux candidates ne pourrait être plus contrasté. Carine Laumont déplore un « déclin » de la ville, pointant « un manque de propreté, de l'insécurité, des incivilités, beaucoup de commerces qui ferment, un manque de communication pour la population qui n'a pas accès au digital ». Elle critique également une municipalité qui « ne fait qu'acter ce que vote l'intercommunalité ».
À l'inverse, Fabienne Dugas-Raveneau vante un renouveau tangible : « La population a augmenté de 156 personnes sur le mandat. La ville était endormie. On a travaillé sur différents axes pour la redynamiser. Il y a des ouvertures de vitrines, des dynamiques entrepreneuriales. Il y avait eu 4 300 emplois perdus sur les deux précédentes mandatures, on en a gagné 200. »
Projets et promesses de campagne
L'équipe sortante met en avant les nouveaux services apportés aux Pontois : navette, portage de livres, service enfance-jeunesse, ainsi qu'une « démultiplication des festivités de mai à octobre ». Parmi ses projets, Fabienne Dugas-Raveneau cite la création d'une annexe à la maison de santé, la réfection de la salle des fêtes et de la voirie, une nouvelle crèche, et une stratégie de proximité avec une « mairie itinérante » dans les villages.
Carine Laumont propose pour sa part la réfection de la voirie, l'éclairage public, la rénovation de la piscine municipale. « On veut retrouver de la chaleur, de l'entraide, une proximité qui a disparu. Contrairement à ce qui se dit, on a des compétences dans plein de domaines », assure-t-elle en démarrant sa campagne.
Ce duel de styles et de visions s'annonce particulièrement serré dans cette cité au passé politique mouvementé, où l'ombre des anciens édiles plane encore sur le scrutin à venir.



