Charité bien ordonnée
Les élections passées, Thomas Bouyssonie se montre offensif – souffrirait-il d’un décalage horaire ? Il a ciblé la majorité municipale de Villeneuve-sur-Lot pour avoir augmenté ses indemnités. Attaque populiste classique sur le mode « Et le pouvoir d’achat des Français, vous y pensez ? ». Voyons voir un peu : après ce coup de pouce à leur pouvoir d’achat, les adjoints de Guillaume Lepers vont toucher 1 355 euros brut. À titre de comparaison, un simple conseiller départemental perçoit 1 944,70 € brut, 2 139,17 € pour ceux qui vont en commission permanente, et 2 722,58 € pour une vice-présidence. « Et côté travail et responsabilité, on est loin du niveau d’un élu municipal », note un conseiller départemental. Peut-être que Thomas Bouyssonnie pourrait proposer une réduction de ces indemnités-là ?
Timing
Si Joël Hocquelet a baissé à Marmande ses indemnités, à Agen, Laurent Bruneau a jugé pertinent de les revaloriser compte tenu des sacrifices consentis sur le plan professionnel et de sa défaite à l’élection à la présidence de l’agglo (il touchera une indemnité de vice-président). Apprend-on, dans un communiqué dominical, qu’il sera un maire « à plein temps » tout en conservant par ailleurs son activité professionnelle d’avocat (en heures sup alors ?). Toujours est-il que l’explication tient la route (on demandera tout de même à Thomas Bouyssonnie). Le timing, un peu moins. C’est que l’annonce est intervenue quelques jours après que le nouveau maire de la ville a déploré l’état des finances de la ville. On notera toutefois que son opposition ne s’est pas montrée virulente à ce sujet lors du conseil municipal du 20 avril. C’est qu’à droite, on savait qu’Olivier Grima, le président de l’Agglo, allait lui-même revaloriser son indemnité, en raison de la mise en parenthèse de son activité professionnelle (il est cadre chez UPSA) afin de se consacrer à son mandat.
Charlie Delta Dirigeable
« Parlons politique ». C’est par ces mots dont on pense bien qu’ils étaient écrits avec solennité par leur auteur, que l’ancien adjoint aux sports à la ville d’Agen, Alain Klajman, commence un (long) post au sujet de la désignation des représentants de la mairie au sein du comité directeur du SUA association. Visiblement le choix de Jon Garay, d’Amanda Sanz et de Christian Lagarde ne le convainc pas. L’ancien footballeur pro, dont on ne trouve pas la vignette Panini, regrette ici qu’ « on n’amène aucune compétence ni aucune connaissance ». Et l’ancien « Maître Nageur Sauveteur, à Brandeis day camp New York USA » (selon son profil Facebook) d’insister : « Être supporter, aimer le SUA ou bien s’occuper de jeunes ne fait pas de vous un connaisseur de l’antichambre du professionnalisme […] Le SUA Association a besoin pour sa réussite « permanente » de fins connaisseurs, de visionnaires et non pas d’une nouvelle strate de contrôleurs. S’investir dans la réussite du haut niveau sportif c’est comme piloter un A 380 ». Alain Klajman devrait s’inscrire à l’école de pilotage de dirigeable. Il a de l’avance : voilà déjà un moment qu’il ne touche plus terre.
Raté
Jean-Pierre Barjou, maire de Lauzun, a remporté la présidence de la Communauté de communes du Pays de Lauzun face à Pouliquen. Et ce malgré un intense lobbying de la droite départementale en faveur du maire d’Agnac. La méthode qui a fonctionné dans l’Agenais a échoué dans le Lauzunais. Plus que les moustaches, le réseau et la méthode de l’édile lauzunais ont convaincu les délégués communautaires qui aspirent à tourner la page d’une mandature passablement heurtée.
Licence IV
Lundi soir, au conseil municipal d’Agen, il ne fallait pas chercher de vin sur la table. Une question de tempérance. Laurent Bruneau a en effet indiqué que ce n’était pas un oubli et qu’en conseil municipal on était là « pour travailler ». Les conseillers ne seront donc pas encore au pain sec mais bien à l’eau. Pour le soutien à la viticulture, on repassera. « La gauche morale » comme dirait l’autre.
C’est loin l’Alsace ?
Alors que certains évoquent le retour des cigognes dans le ciel de Lot-et-Garonne, certains ont dû penser à l’Alsace lors de la présentation des indemnités des élus de l’ancienne majorité agenaise. En effet, la plus gourmande en frais de déplacements lors du précédent mandat a été Nadège Lauzzana. Les effets d’un déménagement à Mulhouse avec son député de mari Michel ? S’il a fait grincer des dents à l’époque, le sujet n’a pas crevé les plafonds : l’enveloppe tutoie les 1 000 euros pour une année.
Un maire en herbe
Le SUA aura-t-il sa pelouse synthétique ? Oui, il semble acquis que l’herbe aura un goût de plastique pour la saison prochaine avec un début des travaux prévu (espéré) après l’ultime réception de la saison, ce 8 mai. Pourtant, le propriétaire du club, Jean-François Fonteneau, craignait, avec le changement de maire ou au regard des bisbilles Ville-Agglo, que son projet parte en fumée… Il n’en serait rien. Un discours du nouvel édile dans le vestiaire agenais après la victoire face à Biarritz a rassuré dirigeants, staff et joueurs. Bon, c’était avant de voter une hausse des indemnités du maire d’Agen, mais cela reste une paille devant le million (et des brouettes) que nécessite le nouvel équipement.
Deux, pas trois
Le maire de Marmande, Joël Hocquelet l’a rappelé dans son discours de candidat à la présidence de Val de Garonne Agglomération devant ses homologues, ce poste ne constitue pas pour lui un tremplin pour sa carrière politique. Ah bon ? On n’avait pas remarqué que l’ancien médecin ne transpirait pas d’ambition sous sa chemisette. Ceux qui le connaissent ou le côtoient ne sont pas non plus tombés de leurs chaises d’élus communautaires, surtout quand on sait qu’il s’agira sans doute de son dernier mandat et qu’il a renoncé à sa vice-présidence au Département.
On connaît la chanson
Des esprits perfides pourraient comparer Albret Communauté à l’Ecole des fans, vous savez cette émission de Jacques Martin où tous les gosses finissaient vainqueur du radio-crochet à la fin. Lors de l’élection du bureau cette semaine, chaque candidat aux vice-présidences a réalisé un score digne de premiers de la classe. Tous sauf trois qui n’ont fait « qu’une » quarantaine de voix sur les 53 possibles. Si Christophe Sans, le maire de Buzet, peut considérer que c’est la « prime » au nouveau venu, Valérie Tonin de Barbaste et Jean-François Garrabos de Feugarolles jugeront qu’ils sont peut-être des « Mal aimé » dans cette intercommunalité. Une belle chanson quand même.



