En février, quelques semaines à peine après avoir officiellement soutenu la maire sortante démocrate Karen Bass, Nithya Raman, elle-même démocrate, annonçait sa candidature surprise à la mairie de Los Angeles. À quelques heures seulement de l’heure limite du dépôt des candidatures. Et quatre mois plus tard, la surprise est double, comme le relate The Guardian.
Un système de primaires unique
En Californie, les primaires rassemblent les candidats des différents partis pour ne qualifier que les deux premiers lors des élections municipales. Si la maire sortante est sortie largement en tête de ce scrutin, Nithya Raman a raflé la deuxième place à la surprise générale en remontant, grâce aux nombreux votes par correspondance, son important retard avec le candidat républicain Spencer Pratt.
Ce sont donc deux candidates démocrates qui se feront face en novembre après ce dépouillement tardif. Un scénario qui a entraîné la colère de Donald Trump, lequel hurle à la fraude électorale.
Un parcours d'exception
Nithya Raman s’est imposée comme une figure de proue du mouvement progressiste à Los Angeles. Née en Inde en 1981, elle a émigré aux États-Unis à l’âge de 6 ans et a obtenu la citoyenneté américaine à 22 ans, avec un parcours académique d’excellence : licence à Harvard, master en urbanisme au MIT.
Un « séisme politique »
Avant de s’engager en politique, elle a exercé comme urbaniste et activiste. Elle a fondé un cabinet de recherche en Inde avant de revenir à Los Angeles pour travailler au sein de l’administration municipale. En 2017, elle a cofondé une organisation dédiée à l’aide aux sans-abri, et a dirigé Time’s Up Entertainment. Elle réside aujourd’hui à Silver Lake avec son époux, le scénariste Vali Chandrasekaran, et leurs jumeaux.
Son élection au conseil municipal de Los Angeles en 2020 a été décrite comme un « séisme politique ». Soutenue par les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), elle a délogé le sortant David Ryu et était la première à y parvenir depuis dix-sept ans. Réélue en 2024, elle a placé la protection des locataires au cœur de son mandat, obtenant notamment un plafonnement historique des loyers à 4 % en 2025. Si elle l’emporte en novembre prochain, elle deviendra la première maire d’origine sud-asiatique de l’histoire de la cité.



