Municipales : Les Écologistes évitent l'hécatombe annoncée, Lyon et Strasbourg en danger
Municipales : Les Écologistes évitent l'hécatombe annoncée

Municipales : Les Écologistes évitent l'hécatombe annoncée, Lyon et Strasbourg en danger

À une semaine du premier tour des élections municipales des 15 et 22 mars, les Écologistes voient s'éloigner le scénario catastrophe qui leur était prédit. Loin de la vague verte de 2020 qui leur avait permis de conquérir plusieurs grandes villes, ils restent sous surveillance pour ce scrutin crucial. Pourtant, contrairement aux pronostics pessimistes émis il y a quelques mois, les derniers sondages leur offrent l'espoir de conserver une grande partie de leurs municipalités, même si le risque de perdre leurs deux principaux bastions, Lyon et Strasbourg, demeure bien réel.

Strasbourg et Lyon, les points chauds du scrutin

Deux villes cristallisent particulièrement les inquiétudes : Strasbourg, où la maire sortante Jeanne Barseghian peine à combler son retard sur l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, et Lyon, où l'édile actuel Grégory Doucet, à la tête d'une liste d'union de la gauche excluant La France Insoumise, se trouve nettement distancé par l'ancien président de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, candidat de la droite et du centre droit.

"On nous avait promis qu'on allait se viander, mais il y a une remontada, y compris à Strasbourg et Lyon", affirme avec conviction Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes. Elle soutient que l'écart se réduit progressivement entre les têtes de listes vertes et leurs adversaires respectifs.

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Des mandats marqués par les polémiques

Les premiers pas des édiles écologistes ont été émaillés de controverses diverses, notamment :

  • Des volontés de supprimer les sapins de Noël dans certaines municipalités
  • Des critiques acerbes envers le Tour de France, jugé "machiste et polluant"
  • Des remises en question sur leur gestion de la sécurité publique
  • Des débats houleux concernant la place de la voiture en ville

"On n'a pas eu des mandats confortables", reconnaît Marine Tondelier, tout en soulignant que "plus on se rapproche du premier tour, plus les électeurs regardent ce qu'on propose". Elle reste persuadée que les enjeux environnementaux et écologistes occupent désormais une place centrale dans les préoccupations des citoyens français.

La bataille électorale dans les villes menacées

À Strasbourg, un cadre écologiste confie ne pas nourrir de "bon espoir" pour Jeanne Barseghian, créditée de seulement 22% d'intentions de vote contre 31% pour Catherine Trautmann. "Il y a un truc, 'les vieux qui rassurent'", analyse-t-il, pointant du doigt les 75 ans de Catherine Trautmann et les 76 ans de Jean-Michel Aulas à Lyon.

Dans la capitale des Gaules, Grégory Doucet stagne autour de 30% au premier tour, loin derrière l'ancien patron de l'OL qui caracole entre 42% et 47%. Cependant, le sénateur écologiste Thomas Dossus maintient l'espoir : "Aulas est en train de rater sa campagne, on a une semaine pour recoller au maximum". Il estime que les alliances stratégiques joueront un rôle déterminant pour le second tour, notamment un possible rapprochement avec La France Insoumise, créditée de 11% des voix.

Les alliances, un casse-tête stratégique

Marine Tondelier se montre prudente concernant d'éventuels accords avec les Insoumis après les propos polémiques de Jean-Luc Mélenchon sur la prononciation de patronymes juifs. "Ce ne sera pas 'des alliances comme si de rien n'était' [...] mais dans les villes qui peuvent basculer, ça se regarde", concède-t-elle.

Thomas Dossus reconnaît que ces fusions potentielles divisent l'électorat : "On a du mal à évaluer ce qu'on gagne et ce qu'on perd", alors que La France Insoumise fait office d'épouvantail pour une partie des électeurs de gauche.

Des raisons d'espérer malgré tout

Le sénateur écologiste se montre nettement plus optimiste pour d'autres villes vertes : "On s'éloigne de la Bérézina annoncée", affirme-t-il, citant les sondages qui placent les maires écologistes sortants en tête au premier tour à Poitiers, Tours et Besançon, avec des perspectives rassurantes pour le second tour.

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Il salue également la "bonne situation" de la candidate Laurence Ruffin à Grenoble, tout en admettant une certaine inquiétude pour Bordeaux, où Pierre Hurmic est en tête mais risque un second tour difficile face à l'ancien ministre macroniste Thomas Cazenave.

Des conquêtes potentielles à l'horizon

Au-delà de la défense de leurs positions, les Écologistes nourrissent des ambitions de conquête dans plusieurs municipalités :

  1. Lorient
  2. Villepinte
  3. Nevers
  4. Mulhouse
  5. Fécamp

Ces espoirs s'appuient sur les nombreux accords conclus avec leurs partenaires de gauche, en particulier le Parti socialiste. "On a mené ces municipales avec sérieux. À la fin, on n'aura jamais eu autant d'élus écologistes", insiste Marine Tondelier, qui regrette qu'en cas de perte de Strasbourg et Lyon, "c'est tout ce qu'on retiendra". Elle met en garde contre "des victoires en trompe-l'œil et des défaites en trompe-l'œil", soulignant la complexité du paysage électoral municipal.