Municipales à Aytré : un duel serré se prépare entre le maire sortant et une gauche désormais unie
À l'approche du premier tour des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la commune d'Aytré, deuxième plus grande ville de l'agglomération rochelaise, s'apprête à revivre un scrutin particulièrement serré. Six ans après sa victoire surprise avec seulement quatre voix d'avance, le maire sortant Tony Loisel retrouve sur sa route Hélène Rata, mais cette fois dans un contexte politique radicalement transformé.
Un maire sortant qui a forgé sa stature
Peu connu au début de son mandat en 2020, Tony Loisel, 53 ans, s'est imposé comme un élu atypique au style direct. L'ancien outsider a travaillé ses dossiers et s'est forgé une stature, notamment à travers de nombreuses oppositions avec Jean-François Fountaine, alors maire de La Rochelle et président de la Communauté d'agglomération.
« On était dans le mandat des fondations. Demain, c'est l'ère des rénovations des écoles et des voiries », déclare Tony Loisel, qui présente sa liste « Aytré, une ambition partagée » sans étiquette officielle. Il met en avant ses réalisations :
- Renouvellement de 60% des agents techniques
- Rénovation de l'espace Jean-Macé, de la maison Georges-Brassens et de l'église
- Division de la dette par trois
- Augmentation des investissements de 2 à 4 millions d'euros
Le maire sortant promet pour l'avenir la rénovation des groupes scolaires, la création d'un skatepark, le développement de la police de proximité et des investissements dans la voirie.
Une gauche désormais unie pour le challenger
Face à lui, Hélène Rata, élue depuis 2008 et ancienne adjointe au maire chargée de l'éducation, n'apparaît plus comme la grande favorite qu'elle était en 2020. Mais contrairement à il y a six ans, la gauche ne part plus en ordre dispersé. Hélène Rata s'est associée à l'autre opposant de gauche, Arnaud Latreuille, ancien adjoint au maire chargé de la culture.
« Je suis pragmatique. Si on y allait, c'était uni. On a dépassé nos oppositions. Oui, c'est plus difficile qu'en 2020. Cette fois, il faut aller challenger le maire sortant », reconnaît Hélène Rata, qui sera à la retraite au printemps mais se dit prête à « repartir au charbon ».
La tête de liste « Unis pour Aytré » défend des projets qu'elle qualifie de « plus solidaires » et dénonce plusieurs décisions du mandat sortant :
- Les baisses de subventions dès le début du mandat
- La disparition du budget participatif
- Le coût du spectacle du 14-Juillet (90 000 euros)
- Le choix d'une cuisine centrale externe pour les cantines scolaires
Des divergences sur l'avenir de la commune
Un autre enjeu majeur de la campagne concerne la salle municipale Jules-Ferry. Tony Loisel souhaite la transformer en halle des marchés, tandis qu'Hélène Rata veut y maintenir des activités diverses. Ce différend symbolise les visions opposées pour l'avenir de la commune.
Pendant six ans, Tony Loisel a su occuper l'espace politique, n'hésitant pas à monter au créneau pour défendre des positions fortes, comme la fermeture controversée de la route de la Mer ou son opposition radicale au projet d'implantation du futur hôpital de territoire sur le site de DBMA.
À trois semaines du scrutin, ce duel particulièrement scruté dans l'agglomération rochelaise promet d'être serré. La question centrale reste : combien de voix sépareront, au soir du premier tour, le maire sortant Tony Loisel et sa rivale Hélène Rata, dans une ville qui pourrait bientôt dépasser les 10 000 habitants ?



