Un village du Pas-de-Calais en effervescence électorale
À Gouy-Saint-André, les élections municipales de 2026 s'annoncent particulièrement animées. Cette commune de seulement 659 habitants dans le Pas-de-Calais voit s'affronter pas moins de quatre listes, une situation très inhabituelle pour une localité de cette taille. Comme le souligne un administré avec humour : « 10 % de la population espère être élue ». Cette forte mobilisation contraste avec le désintérêt politique souvent déploré ailleurs.
Une tradition de participation intense
Historiquement, les scrutins locaux ont toujours suscité une vive mobilisation à Gouy-Saint-André, parfois accompagnée d'incidents. Aujourd'hui, le climat est plus apaisé, mais l'engouement demeure. Lors des municipales de 2020, le taux de participation avait atteint 80,9 % des 518 inscrits, avec une liste victorieuse dès le premier tour. Cette tradition de forte implication citoyenne se perpétue donc.
Quatre listes sans étiquette officielle
Toutes les listes se présentent comme « sans étiquette », bien que leurs penchants politiques soient perceptibles. La liste S’unir pour réussir est menée par le maire sortant Grégory Leroy, 53 ans, géomètre de profession et considéré comme de gauche, élu en 2020. Face à lui, l'opposition présente Un nouveau souffle pour notre village, une liste de droite issue de l'ancienne équipe municipale.
Une troisième liste, Agir ensemble pour Gouy, est composée en partie de dissidents du maire sortant. Ces derniers, ayant soutenu Grégory Leroy lors du mandat précédent, l'estiment désormais « un maire sectaire » et ont donc décidé de présenter leur propre candidat. Enfin, la quatrième liste, Gouy pour tous, est menée par Jean-Louis Lejeune, 74 ans, ancien foreur industriel se décrivant comme « fils de paysan, chrétien, républicain et ancien gaulliste ». Ayant été considéré comme persona non grata sur la liste d'opposition, il a monté sa propre formation.
Un phénomène rare dans les petites communes
Cette multiplication des listes est exceptionnelle. Selon une étude du Centre de recherches politiques de Sciences Po publiée en janvier 2026, intitulée « Les élections municipales françaises à l'épreuve du nombre », on comptait en 2020 moins de deux listes en moyenne dans les communes de moins de 1 500 habitants. À Gouy-Saint-André, le chiffre de quatre listes témoigne donc d'une vitalité démocratique remarquable.
Les prochaines élections s'annoncent ainsi comme un moment clé pour ce village, où la politique locale continue de passionner les habitants, défiant les statistiques nationales sur le désengagement civique.



