À l'approche des élections municipales de mars 2026, la rédaction de Midi Libre Montpellier poursuit sa tournée des quartiers pour recueillir l'avis des habitants. Deuxième étape : les quartiers de Saint-Martin, Prés-d'Arènes et Restanque, rebaptisés Montpellier Sud. Entre résidences voisines de l'hôtel de ville, grues transformant le quartier Restanque, tours de Saint-Martin, zones commerciales des Prés d'Arènes et lotissements des Aiguerelles, le sud de la ville offre un kaléidoscope de paysages divers.
Saint-Martin : entre sécurité et rénovation
À Saint-Martin, le plus ancien quartier construit dès 1957, la tour de 18 étages symbolise les difficultés. Norah témoigne : « Plus que les points de deal, ce sont les appartements mal isolés qui nous pourrissent la vie. Il y a des projets de travaux mais toujours remis à plus tard. » Un commerçant renchérit : « C'est un quartier laissé à l'abandon. Le préfet a lancé sa première opération Place nette ici, mais les trafics reprennent dès que les policiers partent. » Vincent Rivet-Martel, secrétaire du conseil citoyen, nuance : « La police municipale est très présente, mais tous les syndics ne remplissent pas leur mission. La population évolue : moins de personnes âgées et de familles nombreuses, davantage de colocations. » Les habitants plébiscitent toutefois les espaces verts, les équipements et la proximité du tramway.
Restanque : un chantier colossal
Le quartier Restanque, rebaptisé Montpellier Sud, est en pleine transformation. 7 500 appartements doivent voir le jour d'ici quinze ans, accueillant près de 20 000 habitants supplémentaires. La rue de l'Industrie illustre cette mutation, les anciennes zones industrielles cédant la place à des résidences. Nicole, résidente de longue date, s'étonne : « Je ne le reconnais plus, ça change tout le temps ! » Pierrick, rencontré à l'association Line Up, se réjouit : « On n'est pas loin du centre-ville et de l'autoroute, c'est ici que l'histoire s'écrit, comme à Port-Marianne il y a vingt ans. » Patrice, lui, s'inquiète des problèmes de stationnement : « Les places en sous-sol sont insuffisantes. Avec les nouveaux habitants et la gratuité des transports, les rames de tram sont pleines. Il manque aussi des conteneurs à verre. »
Avenue de Palavas : le désarroi des commerçants
Entre Saint-Martin et les Aiguerelles, l'avenue de Palavas a longtemps été un trait d'union. Mais depuis la fermeture d'Albert-Dubout, le trafic a chuté. La pharmacienne déplore : « Mon chiffre d'affaires a baissé quand ils ont refait le croisement avec la rue de Centrayrargues. Ils ont supprimé des places de stationnement pour faire un immense trottoir inutilisé. » Un commerçant ajoute : « Ces travaux, on les a découverts le lundi matin. Ça a duré six mois, coûté plus de 400 000 €, et on ne comprend pas à quoi ça sert. J'ai mis mon commerce en vente. » Un autre souligne le danger pour les cyclistes, contraints de rouler sur les trottoirs.
Prés-d'Arènes : bruit et pollution
Lisa, résidente près du rond-point des Prés d'Arènes, se dit inquiète : « Avec le bruit et la pollution, ce n'est pas l'idéal. Il y a sans cesse des bouchons. » Les espaces verts sont rares, à l'exception du parc de la Rauze. Julien et Marie, qui y promènent leur enfant, apprécient : « On est venus à vélo, c'est vraiment pratique. Ici, c'est l'endroit idéal pour respirer. » Aux Aiguerelles-La Rauze, Jean-Paul note que « le trottoir du chemin de Moularès a été refait et ça roule moins vite près des écoles, mais il manque de commerces de proximité. »
Le sud de Montpellier est en pleine effervescence, entre espoirs et craintes. Les habitants attendent des réponses concrètes pour le prochain mandat.



