À 23 ans, Malou Khebizi a déjà conquis le cinéma français. Révélée il y a deux ans par « Diamant brut », le premier long-métrage d'Agathe Riedinger, elle revient à l'écran dans « Le Triangle d'or » d'Hélène Rosselet-Ruiz, où elle incarne une domestique discrète au service d'une beauté saoudienne, toutes deux enfermées dans une maison bourgeoise du 16e arrondissement de Paris. Une transformation saisissante, comparée par la critique à un passage de Béatrice Dalle à Isabelle Huppert.
Un rôle aux antipodes de la cagole de « Diamant brut »
Dans « Diamant brut », Malou Khebizi jouait une aspirante candidate de téléréalité, luisante de fond de teint, qui utilisait son corps comme une arme pour s'extraire de son milieu social. Ce rôle sulfureux lui avait valu une reconnaissance immédiate, faisant d'elle une révélation du jeune cinéma français. Aujourd'hui, elle change radicalement de registre. Dans « Le Triangle d'or », elle est une domestique effacée, prisonnière avec sa patronne d'un huis clos bourgeois.
Ce contraste montre l'étendue de son jeu, capable de passer d'une présence explosive à une retenue presque invisible. « J'ai galéré partout sauf au cinéma », confie-t-elle au Nouvel Obs, résumant avec lucidité le paradoxe de sa trajectoire. Si la vie ne lui a pas fait de cadeaux, les plateaux de tournage sont devenus son refuge, là où elle a enfin trouvé sa place.
La rencontre décisive avec Agathe Riedinger
Avant « Diamant brut », Malou Khebizi n'avait aucune expérience significative. C'est Agathe Riedinger qui l'a choisie, la propulsant du jour au lendemain sous les projecteurs. Ce premier rôle, celui d'une jeune femme prête à tout pour intégrer la téléréalité, a marqué les esprits par sa crudité et son authenticité. La critique avait salué une interprétation habitée, portée par une actrice alors âgée de 21 ans.
Depuis, Malou Khebizi poursuit son chemin, sans se laisser enfermer dans un registre. Le choix du « Triangle d'or » en est la preuve : elle préfère les rôles complexes qui la bousculent aux personnages taillés sur mesure pour sa persona naissante. Une stratégie risquée, mais qui pourrait bien la conduire durablement au sommet.
Un huis clos au cœur du 16e arrondissement
Dans ce nouveau film, réalisé par Hélène Rosselet-Ruiz, Malou Khebizi partage l'affiche avec une comédienne incarnant une richissime Saoudienne. Le récit se déroule presque entièrement dans une maison bourgeoise du 16e arrondissement de Paris, un lieu où les apparences règnent en maître. La servante, rôle interprété par Malou Khebizi, observe et subit les caprices de sa patronne, dans une relation d'emprise fascinante.
Ce cadre confiné permet à l'actrice de démontrer toute la subtilité de son jeu, fait de silences et de regards en coin. Là où « Diamant brut » exposait le corps et les émotions à fleur de peau, « Le Triangle d'or » exige une intériorité rare. Un défi que la jeune femme relève avec brio, selon les premières retombées critiques.
Une trajectoire singulière dans le cinéma français
Le parcours de Malou Khebizi ne ressemble à aucun autre. Révélée sans avoir suivi de formation classique, elle a imposé d'emblée sa singularité, son accent du Sud et sa franchise désarmante. Son affirmation, « J'ai galéré partout sauf au cinéma », résonne comme un manifeste : là où d'autres ont dû batailler pour percer, elle a trouvé dans le septième art une évidence.
À seulement 23 ans, elle incarne une génération d'actrices qui refusent les cases toutes faites. Entre la cagole solaire et la domestique effacée, Malou Khebizi trace son propre sillon, loin des stéréotypes. Avec « Le Triangle d'or », elle prouve qu'elle n'est pas qu'un phénomène éphémère, mais une véritable actrice de composition, prête à explorer tous les visages de l'humanité.



