Municipales 2026 : Les Écologistes résistent mieux que prévu malgré des bastions fragilisés
À une semaine du premier tour des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les Écologistes constatent que le scénario de l'hécatombe annoncée s'éloigne sensiblement. Loin de la vague verte de 2020 qui leur avait permis de conquérir plusieurs grandes villes, les écologistes restent sous surveillance pour ce scrutin crucial. Pourtant, contrairement aux prédictions pessimistes de ces derniers mois, les derniers sondages leur offrent l'espoir de conserver une grande partie de leurs municipalités.
Strasbourg et Lyon : deux points chauds inquiétants pour les Verts
Deux exceptions majeures viennent toutefois tempérer cet optimisme relatif. À Strasbourg, la maire sortante Jeanne Barseghian peine à combler son retard sur l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann. Un cadre écologiste sur place avoue d'ailleurs ne pas avoir « bon espoir » pour la candidate verte, créditée de seulement 22% contre 31% pour son adversaire.
À Lyon, la situation est tout aussi préoccupante. L'édile actuel Grégory Doucet, qui dirige une liste d'union de la gauche excluant La France Insoumise (LFI), se trouve nettement distancé par l'ancien président de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, candidat de la droite et du centre-droit. Les estimations placent Doucet autour de 30% au premier tour, loin derrière Aulas qui oscille entre 42% et 47%.
Une « remontada » inattendue selon Marine Tondelier
« On nous avait promis qu'on allait se viander, mais il y a une remontada, y compris à Strasbourg et Lyon », affirme avec conviction Marine Tondelier, la patronne des Écologistes. Elle insiste sur le resserrement des écarts entre les têtes de listes vertes et leurs concurrents principaux à mesure que le premier tour approche.
La dirigeante écologiste reconnaît que les premiers pas des maires verts ont été marqués par des polémiques, notamment sur la suppression des sapins de Noël dans certaines villes ou les critiques envers le Tour de France jugé « machiste et polluant ». Les questions de sécurité et de place de la voiture ont également valu des critiques sévères aux édiles écologistes.
« Plus on se rapproche du premier tour, plus les électeurs regardent ce qu'on propose », martèle Marine Tondelier, persuadée que les enjeux environnementaux sont plus que jamais au cœur des préoccupations des Français.
Des alliances complexes avec La France Insoumise
Le sénateur écologiste du Rhône Thomas Dossus pointe un phénomène intéressant : « Il y a un truc, “les vieux qui rassurent” », constate-t-il en évoquant les 75 ans de Catherine Trautmann et les 76 ans de Jean-Michel Aulas. À Lyon, il estime que « Aulas est en train de rater sa campagne » et que les écologistes ont « une semaine pour recoller au maximum ».
La question des alliances pour le second tour se révèle cruciale. Thomas Dossus souligne que le périmètre d'alliance jouera beaucoup, notamment un possible rapprochement avec La France Insoumise, créditée de 11% des voix à Lyon et à qui Grégory Doucet a déjà tendu la main.
Marine Tondelier se montre prudente sur ce sujet délicat. Elle concède que ces alliances « se regardent » dans les villes qui pourraient basculer, mais précise qu'elles ne seront pas « comme si de rien n'était » après les propos polémiques de Jean-Luc Mélenchon sur la prononciation de patronymes juifs.
Des raisons d'espérer malgré tout
Thomas Dossus se montre nettement plus optimiste pour d'autres villes écologistes : « On s'éloigne de la Bérézina annoncée », affirme-t-il en citant les sondages favorables aux maires verts sortants à Poitiers, Tours et Besançon. Il salue également la « bonne situation » de la candidate Laurence Ruffin à Grenoble, tout en admettant des doutes pour Bordeaux où Pierre Hurmic risque un second tour difficile face à l'ancien ministre macroniste Thomas Cazenave.
Au-delà des villes à conserver, les Écologistes nourrissent des ambitions conquérantes. Lorient, Villepinte, Nevers, Mulhouse et Fécamp figurent parmi leurs cibles prioritaires. Ces espoirs s'appuient sur les nombreux accords conclus avec leurs partenaires de gauche, notamment le Parti socialiste.
Un bilan qui pourrait être historique malgré les défis
« On a mené ces municipales avec sérieux. À la fin, on n'aura jamais eu autant d'élus écologistes », insiste Marine Tondelier. Elle déplore cependant que, en cas de perte de Strasbourg et Lyon, « c'est tout ce qu'on retiendra » du scrutin. La dirigeante verte met en garde contre les apparences trompeuses : « Il y a des victoires en trompe-l'œil et des défaites en trompe-l'œil ».
Les écologistes rappellent que plusieurs de leurs villes actuelles ont été gagnées sur la droite en 2020, ce qui explique en partie leur fragilité actuelle. « On n'a pas eu des mandats confortables », reconnaît Marine Tondelier, soulignant les difficultés rencontrées par les maires verts durant leur premier mandat.
À une semaine du premier tour, le paysage municipal français se dessine avec des nuances plus complexes que les prédictions catastrophistes initiales. Les écologistes, bien que confrontés à des défis majeurs dans leurs deux plus gros bastions, semblent avoir évité le pire et pourraient même élargir leur empreinte territoriale grâce à des alliances stratégiques et une mobilisation accrue de leurs électeurs.



