Midterms : le redécoupage électoral fausse déjà le scrutin
Midterms : le redécoupage électoral fausse le scrutin

À quelques mois des élections de mi-mandat de novembre, l'issue du scrutin paraît déjà largement prévisible dans une grande partie des États-Unis. Sur les 435 sièges de la Chambre des représentants qui seront renouvelés, seuls 38 sont aujourd'hui considérés comme « compétitifs » entre républicains et démocrates, selon le Cook Political Report. Cette faible proportion s'explique notamment par le « gerrymandering », une pratique ancienne consistant à redessiner les circonscriptions électorales pour favoriser un parti.

Une offensive républicaine sur les cartes électorales

Depuis 2025, Donald Trump a encouragé plusieurs États dirigés par les républicains à modifier leurs cartes afin d'augmenter les chances de son camp de conserver la majorité à la Chambre après novembre 2026. Le Texas a ouvert la voie avec un redécoupage susceptible de rapporter cinq sièges supplémentaires aux républicains. La Californie, contrôlée par les démocrates, a répliqué avec sa propre réforme, tandis que le Missouri, la Floride et le Tennessee ont également changé leurs cartes. Le gain net est estimé à dix sièges pour les républicains.

Un problème démocratique de fond

Pour Andrew Koneschusky, ancien conseiller démocrate au Sénat, cette évolution pose un problème démocratique de fond. « Le gros problème avec le "gerrymandering", c'est qu'il vient saper le postulat de base de la démocratie représentative », estime-t-il. « Les électeurs sont censés choisir leurs représentants, pas l'inverse », ajoute cet expert en communication politique. Une décision rendue par la Cour suprême en avril a par ailleurs ouvert la voie à des redécoupages encore plus partisans, particulièrement dans les États conservateurs du Sud.

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Les nouvelles cartes ont déjà bouleversé plusieurs carrières. Dans le Tennessee, la circonscription de Memphis du démocrate Steve Cohen, élu depuis près de vingt ans, a été divisée entre trois nouveaux districts favorables aux républicains. Le représentant de 77 ans a choisi de ne pas se représenter, accusant Donald Trump de s'attaquer « au pouvoir des électeurs noirs ». En Alabama, Shomari Figures a lui aussi dénoncé le redécoupage de sa circonscription, mettant en garde contre un retour « aux années 1950 et 1960 ». Au total, six élus démocrates se sont retirés ou ont perdu leurs primaires après ces changements.

Une lutte de cartes plutôt que d'idées politiques

Mais les démocrates ont eux aussi recours à cette stratégie. En Californie, les responsables du parti ont scindé la circonscription de Kevin Kiley, ancien républicain devenu indépendant mais qui continue de voter avec la majorité présidentielle au Congrès. Il avait pourtant averti contre une « guerre du redécoupage » qui risquait de ne produire aucun vainqueur clair. Ces affrontements montrent que la bataille électorale ne se déroule plus seulement dans les urnes, mais aussi dans la manière dont sont dessinées les frontières des circonscriptions.

Des primaires renforcées par des cartes partisanes

À plus long terme, ces cartes de plus en plus favorables à un camp renforcent aussi le poids des primaires. Dans les circonscriptions solidement démocrates ou républicaines, les élus sortants craignent davantage un adversaire de leur propre parti qu'un candidat du camp opposé, ce qui les pousse à s'adresser en priorité aux électeurs les plus engagés. Lorsque le redécoupage est « poussé à l'extrême, les élections deviennent une lutte autour de cartes plutôt qu'autour de politiques et d'idées », résume Andrew Koneschusky.

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