François de Mazières, maire de Versailles, brigue un quatrième mandat avec une vision apaisée
Mazières à Versailles : un 4e mandat en vue avec une gestion apaisée

François de Mazières en campagne pour un quatrième mandat à Versailles

Enveloppé dans sa parka sous une pluie fine, le longiligne François de Mazières distribue ses derniers tracts sur le marché Notre-Dame, à l'avant-veille du premier tour des municipales. Le maire de Versailles depuis 2008 se présente pour un quatrième mandat, espérant l'emporter dès le premier tour comme en 2014 et 2020. Il conduit une liste indépendante étiquetée « Divers droite » mais soutenue par un large spectre allant de LR à Renaissance en passant par le MoDem et Horizons.

« Je refuse de me laisser enfermer dans une étiquette partisane, souligne-t-il. En 2008, j'ai été élu contre les appareils politiques ; j'ai conservé cette indépendance, même quand je suis devenu député à l'Assemblée nationale. Un maire doit rassembler, pas diviser. L'apaisement est mon maître mot. »

Une ville entre héritage historique et défis contemporains

François de Mazières a fait de l'apaisement un mantra dans la gestion de Versailles, ville au charme désuet souvent considérée comme la première grande cité provinciale en sortant de Paris. Elle attire de plus en plus de familles en quête d'authenticité et de qualité de vie. « La sociologie de la ville évolue, mais de manière moins caricaturale qu'on ne le pense, explique le maire. Versailles reste extrêmement attractive, notamment pour les familles parisiennes. C'est une ville de passage, très vivante en été, qui sait concilier son image historique avec une réalité familiale et résidentielle moderne. »

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La programmation culturelle, riche et éclectique, mise sur l'Académie équestre de Bartabas et le Mois Molière, festival de théâtre lancé par l'élu qui fêtera en juin son trentième anniversaire. Cet événement a agrégé des résidences d'artistes et exporte son savoir-faire jusqu'au Festival d'Avignon.

Versailles, démonstrateur de la ville de demain

Pour François de Mazières, ancien président de la Cité de l'architecture et du patrimoine, il s'agit de conjuguer l'héritage du passé – Versailles fut pendant un siècle le siège du pouvoir politique en France – avec les apports de la modernité. « Versailles doit être un “démonstrateur” de la ville de demain, affirme-t-il, auteur du livre manifeste Pour une ville belle. C'est une cité pensée et organisée dès l'origine entre ville et nature. Aujourd'hui, l'enjeu est d'adapter ce patrimoine aux contraintes environnementales du XXIe siècle. »

Le maire souligne que Versailles compte 85 000 habitants, mais à l'échelle de l'intercommunalité Versailles Grand Parc, le bassin atteint 280 000 habitants avec environ 20 000 entreprises. « Bien que nous accueillions de grands groupes comme KNDS ou ExxonMobil, le tissu économique est majoritairement composé de petites structures et d'indépendants. »

Une ville tournée vers l'avenir

Versailles incarne un choc entre Louis XIV et la modernité, symbolisé par les Daft Punk qui s'y sont rencontrés. La ville se tourne résolument vers le futur avec l'arrivée prochaine de la ligne 18 du Grand Paris Express. « Un enjeu crucial, insiste François de Mazières, puisque le métro permettra de développer le quartier Satory (300 hectares) pour en faire un nouveau pôle urbain en lien avec Paris-Saclay. »

Une opposition fragmentée et un refus de la guerre des droites

Pour ces municipales 2026, le maire sortant affronte sur le flanc droit deux listes : une liste Reconquête zemmouriste et une liste menée par Olivier de La Faire, conseiller municipal dissident ayant rejoint l'UDR d'Éric Ciotti allié au RN. François de Mazières refuse catégoriquement que les élections soient interprétées comme une « guerre des droites ».

« Je refuse que les municipales à Versailles soient lues comme une répétition de l'élection présidentielle, décoche l'édile. Les électeurs jugent une gestion et une équipe, pas un combat idéologique. Nous avons formé une liste pour Versailles, avec des talents éclectiques, point barre. »

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Il poursuit : « La solidité de notre République tient sur les villes. Et un maire est au service de tout le monde. Il n'est pas le représentant de telle ou telle fraction. Il faut éviter ce genre de choses. Sinon, on crée les tensions dont on nous abreuve à longueur de temps sur le plan national. »

Un engagement fondé sur la compétence et la passion

« Être maire, c'est un métier complexe, défend François de Mazières. Moi, je ne dépends pas de la politique. Je suis inspecteur des finances, je pourrais gagner trois fois plus d'argent ailleurs. Mais j'ai voulu me consacrer à Versailles par passion. J'ai fait le choix de la politique pour “faire”, pas pour “être”. »

Il répond aux critiques sur l'écartement de talents comme François-Xavier Bellamy : « Quand François-Xavier a décidé d'aller aux européennes, je l'ai soutenu de toutes mes forces ! Je pousse les jeunes talents. Cependant, lorsqu'un élu s'investit dans un combat national avec une étiquette partisane forte, il doit s'écarter de l'exécutif municipal pour ne pas “colorer” toute l'équipe. »

Sur le marché de Notre-Dame, ce vendredi 13 mars, six listes s'affrontent pour le premier tour. « À chaque municipale, il y a six listes à Versailles, allez savoir pourquoi », remarque le maire sortant qui, à quelques heures du scrutin, glisse, confiant : « Je suis serein. »