Marans se prépare pour des élections municipales disputées
À l'approche du premier tour des élections municipales, la commune de Marans, en Charente-Maritime, s'apprête à vivre un scrutin particulièrement animé. Le maire sortant Jean-Marie Bodin, élu en 2020, brigue en effet un second mandat. Il devra faire face à deux adversaires déterminés : Laurent Galliot, conseiller municipal d'opposition, et Virginie Baudin-Moyzan, ancienne première adjointe. Cette triangulaire s'annonce serrée dans une ville où les projets d'infrastructure, notamment le fameux contournement routier, cristallisent les attentes des habitants.
Trois profils, trois visions pour Marans
Jean-Marie Bodin, à la tête de la liste Pour nous, Marans c'est vous, met en avant son bilan. « On a baissé la dette des Marandais, on a investi plus de 8 millions d'euros. Le prochain programme prévoit plus de 10 millions d'euros sans emprunt », affirme-t-il. Il souligne des réalisations comme la rénovation de la passerelle du Carreau d'or et l'aménagement du port. Son ambition est de faire de Marans « le pôle structurant d'Aunis Atlantique » et il vise même la présidence de cette communauté de communes.
Face à lui, Laurent Galliot, 61 ans, directeur d'une coopérative laitière, mène la liste Marans, une ambition partagée, étiquetée divers droite. Il se présente comme un homme de terrain, éleveur amateur de poules de Marans. « La vraie différence avec eux, c'est que j'élève des poules de Marans en amateur », sourit-il. Il se félicite de présenter une opposition « réunifiée », intégrant des figures comme Olivier Martin, et base son programme sur une enquête menée auprès des habitants. Ses priorités : renforcer le monde associatif, améliorer le cadre de vie et redynamiser l'économie locale, face au départ d'entreprises vers Ferrières ou Andilly.
Virginie Baudin-Moyzan, 54 ans, originaire de Reims, propose quant à elle une troisième voie avec sa liste sans étiquette Agir avec vous pour Marans. Après une longue pause politique, elle revient avec une équipe « diverse ». Médiatrice chez Orange, elle veut restaurer la qualité de vie, en mettant l'accent sur la salubrité publique, des trottoirs aux espaces verts. Son programme est ambitieux :
- Remise en état de l'éclairage public
- Création de liaisons piétonnes
- Construction d'une résidence d'autonomie pour les seniors
- Développement de logements pour saisonniers, alternants et jeunes actifs
Elle souhaite aussi encourager la participation citoyenne et nommer un référent dédié aux commerçants, artisans et entrepreneurs.
Le désenclavement : un enjeu majeur et unanime
Un thème fédère les trois candidats : le désenclavement de Marans. Tous plaident pour la réouverture de la gare, fermée depuis plus de quarante ans, et pour la réalisation du contournement routier, un projet ancien en Charente-Maritime. La présidente du Conseil départemental, Sylvie Marcilly, s'est engagée à lancer le chantier, avec un début des travaux espéré en 2026. « C'était l'objet de mon premier mandat », rappelle Jean-Marie Bodin, qui voit dans l'avancée de ce dossier un élément clé de son bilan.
Le contexte politique local reste marqué par le scrutin de 2020, où Jean-Marie Bodin, alors candidat divers gauche, l'avait emporté avec 37,50% des voix face à Mauricette Maingot (31,35%) et Thierry Belhadj (31,14%). Aujourd'hui, les alliances ont évolué, mais l'enjeu demeure : offrir à Marans un avenir plus connecté et prospère. Les électeurs devront trancher lors d'un vote qui s'annonce déterminant pour l'avenir de cette commune d'environ 4 500 habitants.



