Municipales : le lexique technique du second tour décrypté
Le premier tour des élections municipales a livré son verdict, actant la nécessité pour Les Républicains et le Parti socialiste de nouer des alliances en vue du deuxième tour du 22 mars, face à la poussée de La France insoumise et à la bonne dynamique du Rassemblement national. « Désistement », « fusion technique », « triangulaire »… Voici un passage en revue détaillé du vocabulaire politique qui domine l'entre-deux-tours.
Désistement, maintien, fusion : les mécanismes clés
Une liste ayant obtenu plus de 10 % des voix est qualifiée pour le second tour. Cependant, elle peut choisir de se désister, c'est-à-dire de ne pas se présenter afin de favoriser la victoire d'une autre liste. Par exemple, le Parti socialiste appelle La France insoumise à se désister à Marseille en sa faveur pour éviter une victoire du Rassemblement national.
Autre cas de figure : une liste ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés au premier tour peut « fusionner » avec une liste ayant récolté au moins 10 %. Des candidats de la première liste sont alors intégrés sur la seconde, généralement en fonction des scores respectifs du premier tour. Cette fusion doit intervenir d'ici mardi 18 h 00, heure limite de dépôt des listes pour le second tour.
Fusion programmatique versus fusion technique
Le plus souvent, cette fusion est dite « programmatique » : les listes s'accordent sur un programme commun afin de diriger la ville ensemble en cas de victoire. Mais La France insoumise plaide pour une « fusion technique » avec les autres partis de gauche, par exemple à Lyon. Dans ce scénario, des Insoumis seraient intégrés sur la liste mais ne siégeraient pas dans la majorité et formeraient un groupe à part, voire un groupe d'opposition.
Triangulaires, septangulaires : la géométrie électorale
Selon les calculs de l'AFP, sur l'ensemble du territoire (hors Polynésie), 1 771 communes ont vu plus de deux candidats qualifiés pour le second tour. En théorie, il pourrait y avoir :
- Une septangulaire à Saint-Jean-de-Védas dans l'Hérault
- Cinq sexangulaires, dont Poitiers, Castres, Mulhouse et Saint-Lô
- 49 quinquangulaires, dont Paris, Lille, Villeurbanne, Limoges
- 352 quadrangulaires, dont Marseille, Strasbourg, Aix-en-Provence, Nîmes, Le Mans
- 1 097 triangulaires
Mardi soir, après désistements ou fusions de listes, ce chiffre sera fortement réduit.
La prime majoritaire et l'élection du maire
La liste arrivée en tête au second tour obtient automatiquement « une prime majoritaire » de la moitié des sièges (par exemple, 15 sièges dans une commune qui compte 29 conseillers municipaux). Les autres sièges sont répartis à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5 % des suffrages exprimés, y compris la liste arrivée en tête.
À Paris, Lyon ou Marseille, cette prime majoritaire ne sera que de 25 % des sièges au lieu de 50 %, ce qui signifie que la majorité au conseil municipal sera moins forte. Enfin, le maire est élu lors de la première réunion du conseil municipal, qui se tient au plus tard le dimanche suivant l'élection.



