Sénatoriales dans le Var : la stratégie de Françoise Dumont face au RN
Sénatoriales Var : la stratégie de Françoise Dumont

« Conserver trois sièges sur quatre ». C'est la mission de Françoise Dumont, seule sénatrice LR varoise candidate à sa réélection. Un sacré défi, vu le changement du paysage politique depuis les précédentes sénatoriales, il y a six ans. Aux dernières municipales, la droite a laissé au Rassemblement national et à ses alliés de l'UDR des grandes villes comme Six-Fours, La Valette et surtout La Seyne, en plus de Fréjus déjà acquise depuis 2014. Soit un important vivier de grands électeurs, qui prendront part à ce scrutin indirect le 27 septembre.

Une stratégie bien rodée

« Le match se jouera avec le RN », résume celle qui a été investie tête de liste par la commission nationale d'investiture des Républicains, ce mardi après-midi. Une formalité. Mi-mai, Françoise Dumont avait déjà eu le feu vert de Gérard Larcher et sa majorité sénatoriale. « Je n'ai pas hésité une seconde à rempiler », assure l'élue varoise, qui met en avant son bilan auprès des nouveaux élus qu'elle rencontre sur le terrain. Et notamment son combat contre la suppression des aides dédiées à la revitalisation (FRR) à treize communes du Haut-Var, synonymes d'exonérations pour les médecins et certaines entreprises.

« Je me nourris du terrain », ajoute Françoise Dumont, qui a fait avancer des dossiers auprès des différents ministres sur les mobilités dans le golfe de Saint-Tropez, le logement à Flayosc, ou encore la future prison au Muy. Également à son C.V., son rôle de rapporteur du budget de la Sécurité civile ainsi que la présidence du groupe de travail dédié à cette thématique, avec à la clé une liste de préconisations pour faire face aux défis à venir.

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Christian Simon pour muscler le jeu

En 2020, Françoise Dumont était partie en deuxième position derrière Michel Bonnus. Ce sera sans lui, cette fois-ci. Candidat malheureux aux municipales de Toulon, il a fait savoir qu'il privilégiera dorénavant sa santé et son combat contre le cancer. Jean Bacci n'a pas, non plus, souhaité prolonger. « Je tiens à les remercier chaleureusement pour leur engagement politique », indique Jean-Louis Masson, délégué départemental LR et président du Département, qui a participé à l'élaboration d'une équipe remodelée.

Avec notamment Christian Simon, en position éligible. Si le maire de La Crau avait assuré pendant les municipales qu'il ne briguerait pas un siège de sénateur, il s'est finalement laissé convaincre de l'intérêt pour la ville d'avoir un élu au Palais du Luxembourg. « Il a une fine connaissance des collectivités », souligne Françoise Dumont. Le maire de Lorgues, Claude Alemagna, héritera d'une symbolique quatrième place. Suivi de deux suppléants : la conseillère départementale Laëtitia Quilici et le maire de Rians Nicolas Brémond.

Reste la troisième, toujours pas attribuée. Faute de prétendantes pour boucler un casting paritaire hommes-femmes, comme le laisse entendre la concurrence ? « Plusieurs auraient dit non », avance un élu local. « Nous avons un choix à faire entre plusieurs profils différents. C'est une affaire de jours », balaie la parlementaire, qui aurait bien vu à ses côtés Fabienne Joly, l'ancienne présidente de la Chambre d'agriculture du Var, décédée l'été dernier.

La candidature dissidente de Marc Lauriol

Outre Frank Giletti, député RN et désormais adversaire aux sénatoriales, Françoise Dumont aura un autre concurrent à affronter : le conseiller départemental Marc Lauriol, qui a rendu sa carte LR la semaine dernière pour monter une liste indépendante de tout parti. « Pour moi, la politique est une aventure collective et non pas personnelle, regrette la sénatrice, qui a été avertie par d'autres élus de cette candidature dissidente. Pour être fort au Sénat, pour obtenir du temps de parole dans l'hémicycle, pour être placé dans des commissions et missions d'information, il faut faire partie d'un groupe fort. Choisir un groupe indépendant, c'est avoir moins de voix au chapitre. »

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Prochaine étape ? La mise en place d'un plan de bataille, avec des rencontres dans les différents territoires pour convaincre le maximum de grands électeurs, notamment ceux des intercommunalités d'ampleur. Comme à Toulon, où le réservoir de voix sera beaucoup plus disputé que par le passé. « Je suis une femme de cœur, profondément humaine, précise Françoise Dumont, sur qui repose l'élection. Et puis, j'aime faire campagne. D'ailleurs, je suis toute l'année en campagne. »