La campagne municipale dans les Landes : un terrain miné par les polémiques
Les élections municipales dans les Landes s'annoncent particulièrement animées, avec plusieurs controverses qui agitent le débat public local. Entre projets culturels contestés, stratégies politiques surprenantes et prises de position ambivalentes sur le bien-être animal, le scrutin révèle les tensions qui traversent le territoire landais.
Le projet de salle de spectacle du Grand Dax relancé dans la tourmente
Le sénateur socialiste Éric Kerrouche a récemment tenté de s'immiscer dans la campagne municipale dacquoise en publiant une déclaration étonnante. Il relance ainsi une vieille idée concernant le projet épineux de salle de spectacle du Grand Dax, porté par le président de l'Agglo, Julien Dubois, et ses soutiens. « Les contraintes budgétaires des collectivités – comme celles de l'État – sont aujourd'hui bien plus fortes qu'au moment où ce projet a été conçu », affirme le sénateur, ajoutant que « la coopération entre territoires devient plus que jamais une condition du développement local ».
Cette proposition suggère une collaboration entre Macs (Maremne Adour Côte sud) et le Grand Dax pour créer une salle commune, potentiellement implantée à Saint-Geours-de-Maremne. Une idée qui semble aussi improbable que de vouloir former une seule équipe de rugby de Top 14 dans les Landes qui jouerait à Tartas. Les difficultés de coopération territoriale sont déjà visibles dans des projets plus modestes, comme la piste cyclable entre Saint-Paul-lès-Dax et Magescq.
Les stratégies électorales du Rassemblement national sous le feu des critiques
Il y a un an, le 23 février 2025, Edwige Diaz, vice-présidente du Rassemblement national, annonçait dans les colonnes de notre journal que son parti présenterait « des listes dans toutes les préfectures et sous-préfectures de France » pour les municipales. Pourtant, force est de constater que cette promesse n'a pas été tenue dans les Landes.
Si Nicolas Lerègle porte bien l'étiquette RN à Mont-de-Marsan, aucune liste n'est présente à Dax. Le parti a cependant réussi à monter une deuxième liste dans le département... à Saint-Julien-d'Armagnac, une charmante bourgade de seulement 108 habitants. Cette stratégie de « commencer petit » interroge sur les véritables ambitions électorales du mouvement dans la région.
La polémique sur le bien-être animal à Soustons
À Soustons, le candidat Philippe Saint-Martin, membre de la commission taurine de sa commune, a créé une controverse en signant puis en retirant sa signature d'une charte de la Ligue des animaux. Cette association milite pour le bien-être animal mais propose également des chartes anti-corrida et anti-chasse.
« J'ai signé cette charte dans l'unique but de protéger les animaux domestiques et d'affirmer mon refus des animaux de cirque sur notre territoire », a déclaré le candidat avant de préciser qu'il avait « bien évidemment refusé » de signer les chartes anti-corrida et anti-chasse. À quelques jours du premier tour, il a finalement demandé le retrait immédiat de sa signature « pour lever toute ambiguïté », tout en réaffirmant son attachement au bien-être animal.
La communication politique à l'ère des réseaux sociaux
La campagne électorale soulève également des questions sur les modes de propagande traditionnels. Alors que les colleurs d'affiches continuent d'écumer les panneaux officiels dans toutes les communes landaises, certains s'interrogent sur l'efficacité de ce moyen de communication à l'heure où la campagne se déroule massivement sur les réseaux sociaux.
Cette réflexion semble partagée par le RN à Mont-de-Marsan qui, contrairement aux quatre autres listes présentes dans la ville, laissait encore l'emplacement n°1 vide sur les panneaux électoraux devant les arènes de Mont-de-Marsan ce vendredi 6 mars 2026. Une stratégie de communication minimaliste qui interroge sur les nouvelles formes d'influence politique dans le paysage électoral contemporain.



