Gaëlle Frontoni, 4e vice-présidente du Département des Alpes-Maritimes et adjointe au maire de Nice déléguée à l'Éducation, figure en deuxième position sur la liste UDR-RN conduite par Laurent Castillo pour les élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Âgée de 60 ans, cette proviseure sur le point de prendre sa retraite se prépare à mettre son expérience au service du Sénat.
Un parcours méritocratique et éclectique
Gaëlle Frontoni se décrit comme un « pur produit de la République », enfant d'ouvriers ayant gravi les échelons par l'école. Après quinze ans dans le privé (transport, événementiel, tourisme, hôtellerie de luxe), elle devient enseignante pendant dix ans avant d'exercer comme personnel de direction depuis 19 ans. Elle a dirigé des établissements variés, ruraux et urbains, comme le collège Matisse ou le lycée Albert-Calmette à Nice, où elle effectue sa sixième rentrée en septembre 2026. « C'est ma dernière année, j'aspire à quitter l'Éducation nationale pour mettre mes compétences au service des élus locaux », confie-t-elle.
Un choix stratégique : le Sénat plutôt que le Département
Si elle est élue sénatrice, Gaëlle Frontoni devra renoncer à son mandat départemental en raison de la limitation du cumul des mandats. « Je perdrai ce très beau mandat du Département, mais je suis confrontée aux difficultés des élus face au millefeuille administratif. C'est au niveau législatif qu'il faut agir pour rendre leur liberté aux élus locaux », explique-t-elle. Elle est actuellement élue sur le canton de Nice-le-Port, chargée du devoir de mémoire et de la préservation du patrimoine architectural.
De l'opposition locale à une voix nationale
Bien que siégeant dans la majorité au Département, elle serait dans l'opposition au Sénat face au macronisme. « Je pourrai porter cette voix du renouveau qui va arriver en 2027. Ce renouveau se prépare maintenant. Avoir un groupe au Sénat, c'est un moyen d'action », affirme-t-elle. Elle souligne que chaque sénateur peut interroger l'État sur sa politique.
Une fidélité à Éric Ciotti et l'alliance avec le RN
Proche d'Éric Ciotti, elle avait voulu figurer sur sa liste en 2020 avant que Christian Estrosi ne l'intègre à la sienne. Après le ralliement d'Estrosi au macronisme, elle est passée dans l'opposition. « J'ai quitté Les Républicains quand Éric Ciotti a créé l'UDR, car j'ai confiance en lui et en sa loyauté. Il ose faire confiance aux femmes », dit-elle. Concernant l'alliance avec le Rassemblement national, elle admet que cela a été difficile dans le milieu éducatif, souvent marqué à gauche. « Être une femme de droite à l'Éducation nationale, ce n'est pas facile, surtout avec une Région présidée par Renaud Muselier. Mais je sais distinguer mon rôle de fonctionnaire de mon engagement politique. Aujourd'hui, j'aspire à n'être que le personnage politique », conclut-elle.



