Des accusations virales sans fondement
À l'issue du premier tour des élections municipales de 2026 au Havre, une vague d'accusations de fraude électorale a déferlé sur le réseau social X. Ces allégations, dépourvues de tout fondement, ciblent principalement les machines à voter électroniques utilisées dans la ville normande depuis 2005. Plusieurs publications, vues des dizaines de milliers de fois, affirment sans preuve que ces dispositifs auraient été manipulés pour favoriser le maire sortant, Edouard Philippe.
Le spectre du logiciel Dominion
Les internautes évoquent à tort le logiciel américain Dominion, en prétendant qu'il serait employé au Havre. « Dominion est en tête au Havre », peut-on lire dans l'une de ces publications. Pourtant, le ministère de l'Intérieur a formellement démenti cette rumeur, précisant à l'AFP qu'il n'a « jamais fait appel aux services de la société Dominion dans le cadre de l'organisation des élections ». Un démenti réitéré auprès de 20 Minutes, confirmant que seul le modèle ESF 1 de la société néerlandaise NEDAP, commercialisé par France Élections, est utilisé en France.
Une programmation transparente et contrôlée
Pour contrer ces accusations, une circulaire du ministère de l'Intérieur datée du 26 février dernier rappelle que la programmation des machines à voter se déroule en public. « Lors de l'opération de configuration des machines et de pose des scellés, vous convoquerez des représentants de tous les groupes politiques du conseil municipal », stipule le document. Cette mesure vise à garantir la transparence et à prévenir toute suspicion de manipulation.
Les résultats du premier tour : réalité versus rumeurs
Edouard Philippe, candidat Horizons, est arrivé en tête du premier tour avec 43,76 % des voix, suivi de Jean-Paul Lecoq (PCF) à 33 %. Certains internautes affirment à tort que le maire sortant était « donné grandement perdant », en référence à un sondage Opinion Way publié le 25 février. Or, ce sondage le donnait vainqueur avec 37 % des intentions de vote, devant Jean-Paul Lecoq à 35 %. L'écart observé lors du scrutin est simplement plus important que prévu, ce qui relève de la marge d'erreur habituelle des projections.
Une triangulaire au second tour
Contrairement à d'autres affirmations erronées circulant en ligne, Edouard Philippe n'a pas été « réélu » au premier tour. Avec 43,76 % des suffrages, il devra affronter un second tour le 22 mars, face à Jean-Paul Lecoq et à Franck Keller (UDR/RN), qui a obtenu 15 % des voix. Cette triangulaire s'annonce donc comme l'ultime étape d'une campagne marquée par des polémiques infondées.
Un phénomène récurrent démonté
Ces accusations de fraude électorale liées aux machines à voter ne sont pas nouvelles. Elles avaient déjà émergé avant la présidentielle de 2022, avec les mêmes rumeurs concernant le logiciel Dominion. Le ministère de l'Intérieur avait alors déjà apporté des démentis fermes. La persistance de ces théories, malgré les preuves contraires, souligne l'importance de vérifier les informations avant de les relayer, surtout dans un contexte électoral sensible.
Les élections municipales de 2026 au Havre restent ainsi sous surveillance, non seulement pour leur issue politique, mais aussi pour les débats qu'elles suscitent autour de l'intégrité du processus démocratique. Les autorités continuent de rappeler les garanties en place pour assurer des scrutins transparents et fiables.



