Un faux sondage électoral déclenche une tempête judiciaire à Montpellier
La campagne des élections municipales de 2026 à Montpellier s'est envenimée avec la diffusion d'un faux sondage, attribué au candidat Mohed Altrad et largement relayé sur internet. Ce document, qui présente des résultats électoraux totalement inventés, a provoqué la colère des principaux candidats et conduit à des dépôts de plainte pour manipulation de l'opinion publique à moins d'une semaine du scrutin.
Un document falsifié aux conséquences politiques immédiates
Le faux sondage, qui circule activement depuis plusieurs jours, présente des résultats qui bouleversent complètement les tendances révélées par les instituts de sondage officiels. Selon ce document frauduleux, le maire sortant Michaël Delafosse arriverait toujours en tête mais avec un score considérablement affaibli, tandis que Philippe Saurel se placerait en deuxième position avec 16% des intentions de vote.
Le graphique, d'apparence professionnelle avec des couleurs soigneusement choisies, est surmonté de la mention trompeuse : "Sondage commandé par Mohed Altrad – 2 et 3 mars 2026". Une attribution que le candidat concerné dément catégoriquement.
Les réactions indignées des candidats visés
Mohed Altrad a immédiatement réagi en déclarant : "Ce document est un faux. Aucun sondage de cette nature et avec de tels résultats n'a été réalisé par le candidat Altrad." Dans un communiqué publié lundi soir, le candidat a annoncé avoir chargé ses avocats d'engager les procédures pénales nécessaires contre les personnes et comptes anonymes diffusant ce faux sondage.
Le maire sortant Michaël Delafosse a emboîté le pas, soupçonnant Philippe Saurel d'être à l'origine de cette "manipulation". Dans son propre communiqué, il écrit : "Ce week-end, divers colistiers de Philippe Saurel ont relayé un prétendu sondage dont rien ne permet de vérifier la réalité dans le but manifeste d'influencer le scrutin. Ce n'est pas un écart : c'est une méthode."
Des actions judiciaires et administratives engagées
Les deux candidats ont pris des mesures concrètes pour répondre à cette tentative de manipulation électorale :
- Mohed Altrad a saisi la Commission des sondages et annoncé porter plainte en diffamation avec constitution de partie civile concernant la diffusion de fausses informations relatives à un prétendu accord électoral de second tour.
- Michaël Delafosse a remis la question entre les mains de son Conseil pour "caractériser juridiquement cette diffusion et engager le cas échéant toute action utile à la sincérité du processus électoral".
Altrad rappelle par ailleurs que "l'article 12 de la loi du 19 juillet 1977 relative à la publication et à la diffusion des sondages d'opinion prévoit que la diffusion irrégulière ou falsifiée d'une enquête d'opinion constitue un délit pénal".
Les dénégations de Philippe Saurel
Face à ces accusations, Philippe Saurel adopte une position plus distante. "Ce n'est pas la première fois qu'il y a des sondages sur la toile", déclare-t-il de manière sibylline. "Je n'y fais pas attention. Le seul sondage, c'est le premier tour."
Le candidat dément également catégoriquement toute rencontre avec Mohed Altrad dans un tennis club montpelliérain ces derniers jours, comme l'avait suggéré un journal satirique local. "C'est absolument faux", insiste-t-il.
Une ambiance électorale de plus en plus tendue
À moins d'une semaine du scrutin, l'atmosphère à Montpellier semble plus corrosive que jamais. Cette affaire de faux sondage vient s'ajouter à d'autres tensions préexistantes dans une campagne déjà particulièrement disputée. Les candidats s'accusent mutuellement de pratiques douteuses, tandis que les électeurs doivent naviguer dans un paysage informationnel de plus en plus complexe.
Cette situation illustre les défis posés par la désinformation en période électorale, particulièrement dans le contexte des réseaux sociaux où les fausses informations peuvent se propager à grande vitesse avant que les démentis n'aient le temps d'être entendus. Les institutions judiciaires et la Commission des sondages seront désormais chargées de déterminer l'origine exacte de ce faux document et les responsabilités éventuelles dans sa diffusion.



