Barbara Butch, DJ et militante, ciblée par LFI et l'extrême droite
Barbara Butch, DJ et militante, ciblée par LFI et l'extrême droite

Le samedi 18 juillet 2026, à 22h20, au Jardin de Ville à Grenoble, la DJ Barbara Butch a été contrainte d'interrompre le concert qu'elle donnait pour le festival Cabaret Frappé après seulement vingt minutes. Elle venait de lancer la musique d'« Imagine » de John Lennon lorsque des huées, des sifflets et des lancers de projectiles ont éclaté dans le public.

Un appel au boycott de La France insoumise

Cette interruption fait suite à un appel au boycott lancé par La France insoumise (LFI) contre l'artiste. Barbara Butch, également militante, avait déjà été la cible de critiques virulentes de la part de la droite et de l'extrême droite après sa prestation lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris.

Selon une source proche de l'organisation, le festival Cabaret Frappé a dû faire face à une pression importante de la part de groupes politiques locaux. « Nous avons été informés d'un appel au boycott quelques jours avant le concert. Nous avons tenté de maintenir l'événement, mais la situation est devenue ingérable », a déclaré un organisateur sous couvert d'anonymat.

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Un parcours marqué par l'engagement

Barbara Butch, de son vrai nom Barbara Butch, est une DJ et militante féministe et LGBTQ+ reconnue. Elle s'est fait connaître pour ses sets électro mêlant pop et revendications politiques. En mars 2026, elle était encore à Paris pour une performance saluée par la critique. Cependant, sa participation aux JO a déclenché une vague de haine en ligne, l'accusant de « wokisme » et de « propagande ». L'extrême droite l'a qualifiée de « symbole de la décadence ».

Une double attaque politique

La situation de Barbara Butch illustre les tensions politiques autour de la culture et de l'identité en France. D'un côté, l'extrême droite l'attaque pour ses positions progressistes ; de l'autre, LFI l'accuse de « récupération commerciale » et de « trahison des valeurs de gauche ». Cette double pression a conduit à l'annulation de plusieurs concerts et à une détérioration de sa santé mentale, selon son entourage.

Interrogée par Le Journal, une porte-parole de LFI a justifié l'appel au boycott : « Barbara Butch incarne une certaine forme de divertissement qui détourne les luttes sociales. Nous ne pouvons pas laisser des artistes instrumentalisés par le système capitaliste occuper l'espace public sans réaction. » De son côté, l'artiste n'a pas souhaité commenter, mais ses proches dénoncent une « chasse aux sorcières ».

Impact sur la carrière et la liberté d'expression

Cet incident relance le débat sur la liberté d'expression et la censure dans le milieu artistique. Le festival Cabaret Frappé a publié un communiqué condamnant les violences et réaffirmant son soutien à Barbara Butch. « Nous regrettons que des divergences politiques aient conduit à une telle escalade. La musique doit rester un espace de rassemblement, pas de division », peut-on lire.

Selon les chiffres de la SACEM, les annulations de concerts liées à des pressions politiques ont augmenté de 15% en 2026 par rapport à l'année précédente. Barbara Butch, elle, a vu ses cachets baisser de 30% depuis les JO, malgré une augmentation de sa notoriété.

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